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Egypte: deux morts dans des heurts entre police et manifestants islamistes

01/01/2014 06:06 EST | Actualisé 03/03/2014 05:12 EST

Deux personnes ont péri mercredi lors de heurts entre police et partisans du président islamiste Mohamed Morsi destitué par l'armée à Alexandrie, dans le nord de l'Egypte, ont indiqué à l'AFP des responsables des services de sécurité.

La coalition pro-Morsi qui chapeaute la mobilisation islamiste en Egypte a affirmé que les deux victimes étaient des manifestants. L'un des deux hommes tués a été mortellement touché par une balle à la tête, ont précisé les responsables de la sécurité. De son côté, la télévision d'Etat a indiqué qu'un officier de police avait également été blessé par balle, mais se trouvait dans un état stable.

La police a affirmé n'avoir utilisé que des grenades lacrymogènes, accusant les islamistes d'avoir fait usage d'armes à feu, tandis que la coalition pro-Morsi accusait "les milices du pouvoir putschiste" d'avoir tué les deux hommes et fait trois autres blessés, dans un communiqué publié dans la nuit.

Ces violences interviennent alors que l'Alliance anti-coup d'Etat, coalition pro-Morsi chapeautée par les Frères musulmans, la confrérie du chef d'Etat destitué, a appelé "à une grève nationale décisive et graduelle", après que le gouvernement a déclaré "terroriste" le mouvement islamiste vieux de 85 ans.

Ainsi, mercredi, la police a tiré des gaz lacrymogènes sur des centaines d'étudiants qui manifestaient près du ministère de la Défense au Caire, selon le journal gouvernemental Al-Ahram.

Plusieurs étudiants ont été arrêtés, notamment parce qu'ils scandaient des slogans hostiles à la police et l'armée.

Le 3 juillet, l'armée a destitué et arrêté M. Morsi, après des manifestations monstres réclamant son départ. Depuis, les militaires ont installé des autorités intérimaires et convoqué un référendum sur une Constitution révisée pour les 14 et 15 janvier. Mais les islamistes pro-Morsi manifestent quasi-quotidiennement pour réclamer le retour au pouvoir du seul président jamais élu démocratiquement du pays.

La police a également dispersé à coup de grenades lacrymogènes des étudiants pro et anti-Morsi qui s'affrontaient à Zagazig, la ville natale de M. Morsi dans le delta du Nil, ont rapporté des responsables des services de sécurité à l'AFP.

Depuis une semaine, les Frères musulmans, déjà cible d'une répression qui a fait plus de 1.000 morts et entraîné des milliers d'arrestations, sont désormais sous le régime d'une sévère loi anti-terroriste qui prévoit la peine de mort pour ses dirigeants et cinq années de prison pour les membres de la confrérie participant à des manifestations.

En outre, posséder des écrits ou des enregistrements diffusés par la confrérie est passible de peines allant jusqu'à cinq ans de détention.

Mercredi, les forces de sécurité ont fait main basse sur une nouvelle impression clandestine des Frères musulmans, à Alexandrie (nord), ont indiqué à l'AFP des responsables des services de sécurité. Deux des trois frères accusés de diriger cette presse secrète ont été arrêtés, ont ajouté ces responsables.

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