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Soudan du Sud : le président Kiir exclut tout partage du pouvoir avec les rebelles

31/12/2013 02:21 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

Le président sud-soudanais Salva Kiir a exclu tout partage du pouvoir avec les rebelles pour mettre fin à la "guerre absurde" qui sévit dans son pays, a-t-il confié à la BBC, ajoutant cependant vouloir résoudre le conflit par des "moyens pacifiques".

Le Soudan du Sud est plongé dans le chaos depuis le 15 décembre, quand Salva Kiir a accusé son ex-vice président Riek Machar de fomenter un coup d'Etat. Depuis, de sanglantes violences auraient déjà fait des milliers de morts.

"Quel partage du pouvoir ? Ce n'est pas une option. Cet homme est un rebelle. Si vous voulez le pouvoir, vous ne vous rebellez pas pour recevoir le pouvoir", a déclaré le président Kiir dans un entretien diffusé mardi par la BBC.

"Quand je suis arrivé (au pouvoir), je ne l'ai pas fait via un coup militaire, je suis venu (au pouvoir) élu par le peuple", a-t-il ajouté.

Ex-commandant rebelle lors de la guerre civile qui opposa longtemps Khartoum à Juba avant la signature d'un accord de paix en 2005, Salva Kiir avait été élu président peu de temps avant l'accès à l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011.

"Des élections arrivent en 2015. Pourquoi n'a-t-il pas attendu, pour passer par le même processus?" a encore demandé M. Kiir. "S'il gagne les élections, alors il prendra les rênes".

Les déclarations du président Kiir interviennent alors qu'arrive à expiration ce mardi un ultimatum de pays d'Afrique de l'Est et de la Corne de l'Afrique adressé aux deux parties pour cesser les combats et entamer des pourparlers.

Le délai risque cependant très fortement de ne pas être respecté.

Mardi matin, l'armée sud-soudanaise faisait état de nouveaux combats entre l'armée et des rebelles dans la ville stratégique de Bor, capitale de l'Etat sud-soudanais du Jonglei (est).

"Il ne peut pas y avoir de solutions militaires (seulement) à un aucun conflit, vous essayez à la fois les solutions militaires et politiques. Depuis le premier jour, j'ai dit que je voulais le résoudre par des moyens pacifique", a cependant assuré mardi Salva Kiir.

Dans cet entretien à la BBC, le président sud-soudanais s'est dit inquiet pour l'avenir de la population de la jeune Nation, qui se relève doucement des décennies de guerre civile Nord-Sud.

"Quand vous vous battez, vous perdez des gens", a-t-il dit.

"Nous nous sommes battus très longtemps, donc ce qui me préoccupe aujourd'hui, c'est la façon de mettre un terme à cette guerre absurde, pour que la population prospère et retourne chez elle", a-t-il ajouté.

Pour cesser les combats et entamer les pourparlers, les rebelles demandent notamment que le gouvernement libère tous les alliés de Riek Machar arrêtés depuis le 15 décembre. Mais le président Kiir a souligné qu'ils ne pourraient être libérés qu'en suivant le processus judiciaire normal.

"Sans aucune condition, ces personnes seront libérées après des procédures légales -- vous n'enfermez pas juste des gens et le lendemain vous ditez +Sortez, vous êtes libres+", a-t-il lancé.

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