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Pessimisme ambiant avant une nouvelle mission de Kerry au Proche-Orient

31/12/2013 07:26 EST | Actualisé 02/03/2014 05:12 EST

La libération de 26 prisonniers palestiniens par Israël avant la nouvelle mission au Proche-Orient du secrétaire d'Etat John Kerry, la 10e depuis mars, n'a pas dissipé le pessimisme ambiant sur les chances de progrès dans les négociations de paix.

Ces libérations, survenues mardi avant l'aube, sont conformes aux engagements pris auprès des Etats-Unis et des Palestiniens par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de relâcher en quatre étapes un total de 104 détenus palestiniens afin de permettre la relance des négociations de paix qui ont repris fin juillet.

Deux premiers contingents de prisonniers avaient été relâchés le 13 août et le 30 octobre. Le dernier groupe de Palestiniens doit recouvrer la liberté en février.

Les festivités qui ont accompagné comme d'habitude la libération des prisonniers -considérés comme des "combattants héroïques" chez eux- ont été dénoncées en Israël.

"Alors que nous avons pris une décision très douloureuse pour tenter de parvenir à la fin du conflit, j'ai vu nos voisins et leurs plus hauts dirigeants fêter des assassins", a dit M. Netanyahu à propos de la réception accordée par le président palestinien Mahmoud Abbas aux détenus élargis.

"Ce n'est pas comme ça que l'on fait la paix", a-t-il estimé.

Un haut responsable du département d'Etat américain, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a qualifié de "vraiment douloureuse et difficile pour la partie israélienne" la libération des 26 Palestiniens.

Plusieurs autres contentieux risquent de peser lourdement sur les discussions de John Kerry qui doit rencontrer M. Netanyahu jeudi à Jérusalem et M. Abbas vendredi à Ramallah.

Selon des sources diplomatiques et les médias, il doit présenter pour la première fois aux deux parties un projet d'"accord-cadre" traçant les grandes lignes d'un règlement final. Mais le responsable du département d'Etat a laissé entendre qu'aucune percée n'était attendue durant la visite de M. Kerry.

Vallée du Jourdain et colonies

Une nouvelle pomme de discorde est apparue avec l'adoption dimanche par la commission ministérielle des lois d'un projet de loi qui prévoit l'annexion de la Vallée du Jourdain, à la frontière entre la Cisjordanie et la Jordanie, même en cas d'accord de paix avec les Palestiniens.

Cette initiative a été lancée par les faucons de la droite, y compris du Likoud, le parti de M. Netanyahu. Même si, selon les commentateurs israéliens, il a surtout une valeur symbolique, ce projet a été vivement dénoncé par les Palestiniens.

M. Abbas a proclamé que la Vallée du Jourdain était "une terre palestinienne" et que son éventuelle annexion constituerait "une ligne rouge que personne ne peut franchir". En protestation, le conseil des ministres palestinien hebdomadaire s'est réuni mardi dans la Vallée du Jourdain, qui représente un tiers de la Cisjordanie.

Selon le ministre israélien de l'Energie Sylvan Shalom, le projet d'"accord-cadre" de John Kerry ne viserait en fait qu'à "prolonger" les négociations, qui doivent s'achever le 29 avril, jusqu'à la fin 2014.

"Mais pour obtenir cette prolongation nous avons dû payer un prix très lourd avec la libération des prisonniers", s'est lamenté M. Shalom.

Selon un sondage publié mardi par l'Université hébraïque à Jérusalem, 51% des Israéliens estiment que les efforts américains échoueront (29%) ou n'auront aucun effet (22%) contre 39% seulement qui pensent qu'ils aboutiront, un chiffre en baisse par rapport à un sondage similaire en août 2009.

Enfin, le troisième contentieux immédiat concerne des programmes de construction dans les colonies que le gouvernement Netanyahu pourrait annoncer dans les prochains jours. Selon les médias, ils porteront sur 1.400 nouveaux logements.

Les Etats-Unis et l'Union européenne considèrent les implantations juives comme "illégales" et les annonces de construction comme "négatives".

Dans un communiqué, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a accusé Israël d'avoir annoncé la construction de près de 6.200 nouveaux logements de colons dans les territoires occupés depuis la reprise des négociations fin juillet.

Lors d'un discours à l'occasion du 49e anniversaire de son parti nationaliste Fatah, le président Abbas a menacé mardi soir de prendre des "mesures légales et diplomatiques" contre "le cancer" de la colonisation israélienne.

"Nous avons déjà dit que nous ne resterions pas sans réaction alors que se propage le cancer des colonies, en particulier à Jérusalem-Est. Nous utiliserons notre droit d'Etat observateur à l'ONU pour prendre toute mesure légale, diplomatique et politique afin de le stopper", a-t-il déclaré.

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