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Mauritanie: une femme nommée juge, une première dans le pays

31/12/2013 09:58 EST | Actualisé 02/03/2014 05:12 EST

Une femme a été nommée juge pour la première fois en Mauritanie, pays islamique où la présence des femmes dans l'appareil judiciaire est controversé, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Le Conseil supérieur de la magistrature, présidé par le président Mohamed Ould Abdel Aziz et chargé notamment de la gestion du personnel judiciaire, a désigné lundi Mme Oumama Mint Cheikh Sidya parmi un groupe de huit magistrats, selon la même source.

C'est une première dans le système judiciaire mauritanien. Mme Mint Cheikh Sidya est désormais dans l'attente d'une affectation dans un tribunal.

Auparavant avocate au barreau de Nouakchott, Mme Mint Cheikh Sidya est issue d'une famille maraboutique et a enseigné l'anglais dans un lycée de la capitale mauritanienne.

"Aucun texte religieux, ni coranique, ni des dires du prophète (Mohamed) de l'Islam n'interdit à la femme de dire la justice, diriger un tribunal et donc de prononcer un jugement", a rappelé un intellectuel mauritanien, Mohamed Vadhel Ould Mohamed Lemine, interrogé par l'AFP.

De "fortes divergences existent à ce sujet entre les oulémas du monde islamique", mais les "arguments des uns et des autres (sur) la place que doit occuper la femme dans l'appareil judiciaire ne reposent en tout cas pas sur ces deux principales sources de la charia (loi coranique)", a-t-il ajouté.

La charia est instituée en Mauritanie mais certains préceptes tels que la flagellation ou la condamnation à mort ne sont plus appliqués depuis les années 80.

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