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Espagne: un élu de droite critique la réforme de l'avortement

31/12/2013 04:39 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

Un élu de droite espagnol, président de la région d'Estrémadure (ouest), a haussé le ton contre le projet de loi gouvernemental supprimant quasiment le droit à l'avortement, affirmant que "personne ne peut obliger personne à être mère".

Ces critiques, formulées lundi soir par le président de région José Antonio Monago lors de son discours de fin d'année, s'ajoutent à de nombreuses autres déjà exprimées par l'opposition de gauche, mais apparues aussi, de manière plus feutrée, dans les rangs mêmes du Parti populaire, le parti conservateur au pouvoir en Espagne.

"Personne ne peut nier à personne son droit d'être mère et personne non plus ne peut obliger personne à être mère", a lancé José Antonio Monago, ajoutant que "l'Estrémadure soutient une réforme de la loi sur l'avortement par consensus".

"Le message du peuple d'Estrémadure est clair et ferme: enlever toute dimension idéologique aux sujets fondamentaux" comme l'éducation et la santé, a-t-il affirmé.

Promesse de campagne en 2011 du chef du gouvernement Mariano Rajoy mais retardé depuis, le projet de loi supprimant quasiment le droit à l'avortement en Espagne a été approuvé le 27 décembre par le Conseil des ministres, les féministes et la gauche dénonçant un "retour de 30 ans en arrière".

Ce projet annule de fait la loi de 2010 qui autorise l'avortement jusqu'à 14 semaines et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du foetus. Cette loi était, avec le mariage homosexuel, l'une des réformes phare de l'ex-gouvernement socialiste.

Le projet se heurte aussi à des résistances dans les rangs de la droite. Le président de Galice, Alberto Nuñez Feijoo, un fidèle de Mariano Rajoy, a ainsi souhaité que la réforme soit modifiée et "soutenue majoritairement par le Parlement".

La déléguée du gouvernement dans la région de Madrid, Cristina Cifuentes, avait elle aussi souhaité un "consensus parlementaire" sur ce texte.

Le projet de loi doit maintenant être soumis au Parlement, où le Parti populaire dispose d'une confortable majorité absolue.

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