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Destruction d'armes chimiques: la Syrie doit "intensifier" ses efforts (chef de mission)

31/12/2013 01:07 EST | Actualisé 02/03/2014 05:12 EST

Les belligérants en Syrie doivent "intensifier" leurs efforts en vue de la destruction des armes chimiques dans le pays dans les délais convenus par l'ONU, a affirmé mardi à l'AFP la chef de la mission internationale de désarmement.

Ses déclarations interviennent où moment où la date-butoir du 31 décembre pour l'évacuation des agents chimiques les plus dangereux de Syrie est sur le point d'expirer, sans que cette mission ne soit accomplie en raison d'obstacles logistiques et de sécurité liés à la guerre.

"Nous appelons toutes les parties, y compris la République arabe syrienne, à intensifier les efforts nécessaires pour permettre le début de l'évacuation des agents chimiques", a déclaré Sigrid Kaag dans un entretien exclusif avec l'AFP à Damas.

La coordinatrice de la mission conjointe en Syrie entre l'ONU et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) n'a pas évoqué de nouvelle date limite pour l'évacuation.

"Nous sommes en contact avec toutes les parties (...) pour s'assurer du soutien continu" à cette opération, a-t-elle ajouté. "Des groupes (rebelles) soutiennent cet accord", a-t-elle précisé.

L'ONU et l'OIAC, chargées de l'opération de destruction de l'arsenal chimique du régime, avaient annoncé samedi que la date butoir du 31 décembre serait probablement dépassée en raison de problèmes logistiques et du mauvais temps qui ont retardé le transport par le régime des agents chimiques vers le port syrien de Lattaquié.

Le plan de destruction de cet arsenal résulte d'un accord russo-américain qui a permis d'éviter des frappes militaires américaines en Syrie, en représailles à une attaque chimique meurtrière en août près de Damas que Washington attribue aux troupes de Bachar al-Assad. Celui-ci en accuse la rébellion.

Le plan, approuvé par l'ONU, prévoit que la totalité de l'arsenal chimique syrien, doit avoir été détruite au 30 juin 2014. Damas a déclaré posséder 1.290 tonnes d'armes chimiques, dont 300 tonnes de gaz moutarde et du sarin.

Mme Kaag a expliqué que le retard dans l'opération d'évacuation résultait des obstacles cités samedi par l'OIAC, soulignant la complexité d'une opération sans précédent de démantèlement d'armes chimiques dans ce pays en guerre, l'une des plus ambitieuses et la plus dangereuse dans l'histoire de l'ONU.

"C'est une opération complexe qui requiert une sécurisation militaire des convois (d'armes chimiques NDLR), beaucoup de préparatifs, dont la consolidation des agents chimiques et leur transfert dans des camions", a-t-elle expliqué.

Elle a toutefois minimisé l'importance du retard dans le processus, affirmant "qu'un progrès solide a été réalisé" depuis le début de la mission des experts internationaux le 1er octobre en Syrie.

Les deux navires militaires prêts à escorter l'arsenal chimique syrien vers l'Italie en vue de sa destruction en mer sont revenus lundi à Chypre, le processus ayant pris du retard.

Mais le porte-parole de l'OIAC à la Haye, Christian Chartier, a lui aussi estimé que la date butoir du 30 juin est la "plus importante", soulignant que rien ne "permet de penser qu'elle ne sera pas atteinte".

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