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Rajaonarimampianina: l'héritage assumé du régime de Rajoelina

30/12/2013 05:06 EST | Actualisé 28/02/2014 05:12 EST

Hery Rajaonarimampianina, officiellement président de Madagascar depuis vendredi, assume l'héritage du régime "de transition" non élu qui dirigeait l'île depuis 2009, dont il a longtemps été le ministre des Finances.

Soutenu pendant toute la campagne par le président sortant Andry Rajoelina, ce comptable de formation, poète à ses heures, a été accusé par ses adversaires d'avoir couvert les trafics du régime. Ce qu'il a totalement nié lors d'un entretien avec l'AFP avant le second tour.

Discret ministre des Finances et du Budget durant la quasi-totalité des années Rajoelina, cet homme de 55 ans a le mérite d'avoir réussi à gérer tant bien que mal les finances publiques d'un pays privé d'aide internationale. Il a réussi à maintenir la stabilité de l'ariary, la monnaie nationale, et a subventionné les pétroliers pour maintenir le prix des carburants à la pompe.

"Hery Rajaonarimampianina était peut être un technocrate au début, mais il a joué le jeu de la Haute autorité de la Transition, y compris des jeux que je qualifierais de pas très clairs", relevait avant le second tour l'analyste Sahondra Rabenarivo, faisant allusion aux divers trafics - bois précieux et pierres précieuses, notamment - dont est accusé l'entourage du président.

Interrogé par l'AFP, M. Rajaonarimampianina s'était contenté d'un bref: "Je ne suis impliqué dans aucun trafic. Je ne suis pas au courant de ça."

Tandis qu'un diplomate européen dit de lui que c'est "un technocrate qui a peut-être les mains un peu moins sales que beaucoup d'autres", Didier Galibert, spécialiste de Madagascar au centre de recherche sur l'Afrique LAM de Bordeaux, souligne que "son passé, antérieurement à son entrée en politique qui est quand même très récente, est recommandable".

Hery Rajaonarimampianina n'a notamment pas participé à la "révolution orange" d'Andry Rajoelina qui a mené à la chute du président Marc Ravalomanana en 2009.

Il s'était détourné de la politique dans les années 1980, traumatisé par les méthodes musclées des renseignements du régime de Didier Ratsiraka, alors qu'il était partisan du parti d'opposition Monima durant ses études.

Mais sa réputation et son expérience de chef d'entreprise ont poussé M. Rajoelina à lui confier les finances du pays, et à le soutenir pour cette élection.

Son français parfait et son aisance devant les caméras l'ont aidé à arriver au second tour de la présidentielle, avec 15,85% des voix, alors qu'il était inconnu du grand public deux mois avant la campagne.

Toujours vêtu d'un costume sobre et d'une cravate, lunettes sans monture , Hery Rajaonarimampianina a la discrétion et le raffinement d'un aristocrate mérina, cette ethnie des hauts plateaux de Madagascar considérée comme l'élite du pays.

Il est pourtant issu d'une famille modeste et a vécu dans un quartier populaire en périphérie de la capitale.

Brillant comptable, il fait partie des rares Malgaches à avoir obtenu une bourse pour étudier à l'étranger. Il revient au pays avec un DEA de l'université de Trois Rivières, au Québec, puis crée son propre cabinet d'expertise comptable en 1995.

"Il parle de la même façon à tous ses employés, même aux femmes de ménage. (...) On est comme une grande famille, il n'y a pas de hiérarchie avec lui", raconte son assistante Rivoharisoa Randriambelomanana, une amie proche.

Souvent comparé au président français François Hollande dont il apprécie le style, ce protestant aime aussi écrire des poèmes à ses heures perdues.

Dans son programme, ce père de cinq enfants envisage notamment un vaste plan de développement des infrastructures, en commençant par les zones reculées.

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