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La ville où a grandi Schumacher attend des nouvelles avec angoisse

30/12/2013 01:19 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

Engourdie par le froid et les vacances de fin d'année, la petite commune de Kerpen (ouest), qui a vu grandir Michael Schumacher, attendait avec angoisse et espoir des nouvelles de son champion grièvement blessé dans un accident de ski en France.

"On a compris aujourd'hui, après la conférence de presse de l'hôpital (de Grenoble), la gravité de ses blessures. Jusque-là on espérait mais cela semble être pire que ce que l'on pensait", dit la mine grise Reiner Ferling, co-président du fan-club du champion de Formule 1 de la ville.

Son téléphone portable ne cesse de sonner. Au bout du fil, des journalistes en quête d'une réaction, des amis ou admirateurs qui espèrent en apprendre plus de sa bouche. Mais il ne sait rien de plus que ce qu'il a appris par les médias: Michael Schumacher, 44 ans, est dans un état critique en raison de lésions crâniennes dues à sa chute dimanche dans les Alpes françaises.

L'accident de ce champion hors norme, considéré comme l'un des géants du sport allemand, a provoqué une vague d'émotion chez ses compatriotes, jusqu'à la chancelière Angela Merkel qui s'est dite "bouleversée".

"Il y a six semaines encore, Michael est venu au club de kart de Manheim avec son fils et sa fille", se souvient M. Ferling. C'est dans ce club, qui porte le nom du quartier où il a grandi, que le champion a conduit son premier bolide.

Ces dernières années, le résident suisse est revenu plus rarement à Kerpen, commune de 65.000 habitants sans charme particulier, située à une trentaine de kilomètres de Cologne, contrairement à son frère Ralf (lui aussi ex-pilote de F1) qui y a gardé quelques affaires dans l'immobilier, explique la maire, Marlies Sieburg.

Mais quand il est venu, il s'est toujours montré généreux avec ses anciens voisins et ses admirateurs, loin de l'image d'arrogance et d'agressivité qui lui colle parfois à la peau, ajoute-t-elle. Réputation qu'elle attribue en partie à sa volonté de verrouiller sa vie privée tandis que M. Ferling évoque l'"envie" suscitée par ses succès.

"Le fan club et beaucoup d'habitants sont inquiets et pas seulement pour le champion de F1, pour l'homme aussi", dit Mme Sieburg car il est "apprécié non seulement pour ses exploits sportifs mais aussi parce qu'il a su rester simple. Il pourrait être l'un d'entre nous".

Iris, une passante de 56 ans, dit avoir reçu comme "un choc" l'annonce de l'état de santé de Michael Schumacher. "Cela rappelle combien le ski est dangereux", dit-elle, avant de s'interroger sur les séquelles éventuelles s'il survivait finalement.

"Il a gardé le goût du risque malgré l'arrêt de la F1, il avait envie et besoin de sensations", selon elle.

Mme Sieburg souligne aussi "cette quête du risque et de la vitesse" d'un homme qui a déclaré un jour que "la F1 offre le maximum d'émotion (...). Aucune autre voiture ne pourrait me donner les mêmes sensations".

"Ce n'est pas son premier accident, ce n'est pas la première fois qu'il est touché à la tête", rappelle-t-elle, ajoutant : "c'est naturellement un combattant, cela va peut-être l'aider".

Les fans du septuple champion du monde de F1 n'avaient pas de lieu de rassemblement lundi à Kerpen, les deux clubs de kart de la ville --dont un baptisé "Michael Schumacher" dans la rue "Michael Schumacher"-- étant fermés, tout comme les bars où ils ont l'habitude de se retrouver.

Mais Reiner Felding explique avoir reçu plus d'un millier de courriels d'un peu partout, des centaines de demandes d'adhésion depuis dimanche soir. Des messages qui réclament: "Schumi bats-toi", "Ne nous laisse pas tomber".

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