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Irak: un mort pendant le démantèlement d'un camp de protestataires (AFP)

30/12/2013 05:44 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

Au moins une personne a été tuée et dix blessées lundi lors de heurts survenus alors que les forces de sécurité démantelaient le plus important campement de protestataires anti-gouvernementaux d'Irak, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Le reporter a vu ces victimes dans une zone de la ville de Ramadi, adjacente du site de ce sit-in qualifié par le Premier ministre de "Quartier général d'Al-Qaïda".

Un peu plus tôt, la télévision d'Etat Iraqiya avait annoncé que "des policiers locaux étaient en train de démonter les tentes du sit-in" dans la province d'Anbar (ouest), affirmant que cette opération intervenait après un accord conclu entre les forces de sécurité, des chefs religieux et des cheikhs tribaux.

Le journaliste de l'AFP ne pouvait accéder au campement, mais voyait des forces de sécurité déployées en nombre à proximité, tandis que des hélicoptères tiraient sur la zone.

Deux véhicules de sécurité ont été incendiés et des hommes armés se sont emparés d'un troisième, selon lui.

Dans le même temps, des mosquées dans la ville de Ramadi appelaient "à participer au jihad", la guerre sainte.

Le campement a été installé il y a un an, au début d'un mouvement de protestation de la communauté sunnite qui perdure aujourd'hui. La colère de cette communauté avait été déclenchée par l'arrestation des gardes du ministre des Finances d'alors, Rafeh al-Issawi --un influent homme politique sunnite--, accusés de "terrorisme".

Le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki avait appelé le 22 décembre les protestataires à lever leur sit-in, le qualifiant de QG d'Al-Qaïda et mettant en garde contre une intervention des forces de l'ordre.

"Je dis clairement (...) que le site du sit-in dans (la province d'al-) Anbar s'est transformé en un QG pour les chefs d'Al-Qaïda", avait-il affirmé.

Au-delà de l'affaire Issawi, la communauté sunnite estime faire l'objet de discriminations et d'une campagne de répression de la part du gouvernement chiite. Sa colère a été un facteur clé dans l'escalade des violences cette année, stimulant le recrutement chez les groupes insurgés.

Depuis le début de l'année, 6.750 personnes sont mortes en Irak, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources médicales et sécuritaires.

Le pays a renoué avec les niveaux de violences de 2008, lorsqu'il sortait tout juste d'une guerre confessionnelle sanglante.

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