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Conférence de paix sur la Syrie: "aucun espoir" d'aboutir à une solution politique (représentant de l'opposition)

30/12/2013 11:51 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

L'ambassadeur en France de la Coalition nationale de l'opposition syrienne, Monzer Makhous, a déclaré lundi n'avoir "aucun espoir" que la conférence de paix sur la Syrie prévue le 22 janvier en Suisse puisse aboutir à une solution politique.

"Dans les conditions actuelles du rapport de force, il ne faut pas espérer qu'une solution politique sorte de Genève. Personnellement, je n'ai aucun espoir", a déclaré M. Makhous lors d'une rencontre avec la presse.

"Aujourd'hui en Syrie, nous sommes dans un contexte de crimes de guerres et d'utilisation d'armes de destructions massives", a-t-il expliqué, évoquant particulièrement "les massacres à Alep", la grande ville du nord où selon lui "plus de 650 personnes ont été tuées" dans l'offensive aérienne lancée depuis la mi-décembre par l'armée syrienne.

"Le régime utilise des barils de TNT (trinitrotoluène, un puissant explosif, ndlr). On n'a jamais connu dans des guerres de tels moyens utilisés contre des zones d'habitation, mais personne ne bouge et les condamnations internationales sont modestes", a-t-il dit.

La Coalition de l'opposition syrienne, affaiblie par la montée en puissance des groupes islamistes sur le terrain, et soumise à la pression de ses parrains internationaux, doit se réunir en fin de semaine à Istanbul pour décider de sa participation à la conférence de Genève.

"Nous sommes conscients du piège: y aller pour capituler ou ne pas y aller et être accusés d'avoir fait capoter la solution politique", a souligné M. Makhous.

"Mais on ne va pas y aller pour faire ce que veulent les Russes et Damas, c'est à dire nous amener à Genève pour nous contraindre à collaborer avec le régime contre les jihadistes", a-t-il martelé. "Notre objectif n'est pas d'entrer en lutte contre les groupes extrémistes. La priorité des priorités, c'est de faire chuter le régime", a-t-il assuré.

L'opposition pourrait demander à nouveau la création de zones d'exclusion aérienne en Syrie comme condition de sa participation à la conférence de Genève, a-t-il indiqué.

"Il faut aussi réitérer clairement que le but d'une transition politique est de créer un Etat démocratique, civil, qui coupe tout lien avec le régime mafieux actuel. Nous ne voulons pas une reproduction du régime syrien avec quelques changements cosmétiques", a-t-il mis en garde.

Ces dernières semaines, le régime syrien, en position de force, a répété qu'il ne remettrait pas les clés du pouvoir à l'opposition politique lors de la conférence de Genève.

cf/thm/plh

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