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2013 : année mouvementée à Queen's Park

30/12/2013 05:28 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

L'année 2013 à Queen's Park a été marquée par l'arrivée de Kathleen Wynne à la tête du gouvernement libéral minoritaire. Elle a succédé à Dalton McGuinty en remportant la course à la direction du Parti libéral après la démission de ce dernier. Pendant toute l'année, le gouvernement Wynne a tenté de réparer les pots cassés par le gouvernement précédent et d'apaiser la grogne.

Si des élections ont été évitées en 2013, plusieurs observateurs s'attendent à ce que les Ontariens soient par contre appelés aux urnes en 2014.

Kathleen Wynne et les libéraux

La première ministre Kathleen Wynne devrait avoir en main, au printemps, une série de rapports d'experts qu'elle a commandés depuis son arrivée au pouvoir en février dernier. Son gouvernement a créé en moins d'un an plusieurs comités consultatifs qui doivent terminer leur travail sous peu. La première ministre souhaitait démontrer son désir d'écouter la population avant de prendre des décisions.

Lorsqu'elle est devenue première ministre, Kathleen Wynne a bien indiqué le chemin qu'elle souhaitait emprunter. « Nous allons continuer le travail amorcé par Dalton McGuinty », avait-elle déclaré.

Son élection, au troisième tour de la course à la direction du Parti libéral de l'Ontario, a permis un retour en chambre après quelques mois de prorogation.

Kathleen Wynne est devenue non seulement la première femme à diriger l'Ontario, mais aussi la première ouvertement gaie.

Cependant, certaines décisions de Dalton McGuinty lui ont aussi collé à la peau, comme le scandale entourant l'annulation des projets de centrales au gaz naturel de Mississauga et d'Oakville, qui l'a hantée toute l'année.

Devant un comité législatif, elle a répété à plusieurs reprises qu'elle n'était pas impliquée dans les décisions d'annuler la construction des centrales et elle s'est s'excusée au nom du gouvernement libéral.

La première ministre est également constamment bombardée de questions sur l'emploi, alors que la saignée se poursuit dans le secteur manufacturier, avec entre autres les fermetures d'usines par Heinz et Kellogg et la suspension indéfinie du projet de la minière Cliffs Natural Resources dans le Cercle de feu.

« Nous avons une histoire qui a des succès et qui a des problèmes », explique Mme Wynne.

L'année 2014 s'annonce chargée pour Kathleen Wynne, elle doit notamment dévoiler ses plans pour un régime de retraite provincial et décider si les Ontariens paieront plus pour financer les projets d'infrastructure.

Deux dossiers qui pourraient être la trame de fonds d'une campagne électorale, possiblement déclenchée au printemps.

Tim Hudak et les conservateurs

L'année 2014 pourrait être une année décisive pour le chef progressiste-conservateur Tim Hudak. Si une élection est déclenchée, comme plusieurs l'estiment, il pourrait devenir premier ministre. Cependant, s'il perd d'éventuelles élections, ce serait fort probablement la fin de son règne à la tête du Parti conservateur.

Déjà en 2013, ses qualités de chef au sein du parti ont été remises en question.

Cette année, le chef de l'opposition souhaitait une élection générale, mais il a dû se contenter d'élections partielles.

Son parti n'a remporté qu'une seule des cinq circonscriptions en jeu. Il s'agit d'une circonscription importante cependant, celle d'Etobicoke-Lakeshore : la première pour les conservateurs à Toronto depuis 2003.

Tim Hudak tente de voir le bon côté des choses. « Notre parti est celui qui a obtenu le plus de votes dans les cinq circonscriptions mises ensemble », souligne-t-il.

Cet unique gain a remis en question son leadership et au congrès conservateur l'automne dernier, un groupe a demandé de rouvrir la constitution du parti afin de permettre un vote de confiance envers le chef. La motion a finalement été défaite.

À ce même congrès, le député Peter Shurman brillait par son absence, après s'être fait retirer ses responsabilités de porte-parole aux Finances et aux Affaires francophones. Il avait été puni pour une controverse entourant des allocations de logement, qui étaient pourtant légales.

Peter Shurman a ensuite annoncé sa retraite, et le parti perd ainsi son seul député qui parle bien français.

Tim Hudak affirme avoir plusieurs candidats qui parlent français, reste à voir s'ils pourront être élus à l'occasion d'une élection.

Une élection n'est toutefois pas ce qu'il attend avec le plus d'impatience pour la nouvelle année : en effet, sa femme et lui attendent la venue d'un deuxième enfant pour le printemps.

Andrea Horwath et les néo-démocrates

La chef du Nouveau Parti démocratique de l'Ontario pourrait bien être celle qui décidera si les citoyens iront aux urnes en 2014. Andrea Horwath a déjà indiqué que son parti n'appuierait pas certaines mesures actuellement à l'étude par le gouvernement de Kathleen Wynne et qui pourraient se retrouver dans le prochain budget.

Le NPD a voté en faveur des deux budgets du gouvernement libéral minoritaire, en 2012 et en 2013, permettant à celui-ci de rester au pouvoir. 

La chef néo-démocrate se dit fière de ce que son parti a accompli en 2013.

« Nous avons réussi à faire plier le gouvernement pour qu'il inclue des demandes du NPD dans son budget du printemps dernier », rappelle-t-elle.

Le document comptait ainsi des mesures pour aider les jeunes chômeurs, pour les soins à domicile, une réduction des primes d'assurance automobile et la création du bureau de la responsabilité financière.

De leur côté, les conservateurs ont accusé le NPD d'avoir maintenu au pouvoir un gouvernement terni par les scandales, comme celui des centrales au gaz naturel.

« Ce n'est pas assez de rester assis sans rien faire dans ce contexte de gouvernement minoritaire », renchérit Mme Horwath.

Son parti a par ailleurs ravi deux sièges lors d'élections partielles cet été, à London-Ouest et Windsor-Tecumseh.

La chef néo-démocrate devance aussi ses adversaires dans les sondages d'opinion quant à sa popularité. Son défi sera de transformer cette popularité en votes, lors d'une élection dont elle pourrait bien être l'élément déclencheur.

Andrea Horwath a dit récemment qu'elle n'acceptera pas une hausse de la taxe sur l'essence ou de la TVH pour financer les investissements en infrastructure; alors que la mesure qui pourrait bien se retrouver dans le prochain budget libéral.

D'après des reportages de Claudine Brulé

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