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Inde: des veillées aux chandelles un an après la mort d'une étudiante violée

29/12/2013 12:45 EST | Actualisé 27/02/2014 05:12 EST

L'Inde commémore dimanche la mort il y a un an d'une jeune étudiante, violée en réunion puis décédée de ses blessures, un fait-divers qui avait secoué l'Inde et jeté une lumière crue sur les violences infligées aux femmes, et sur la passivité de la police et de la justice.

A New Delhi, un rassemblement aux chandelles était prévu dimanche soir à Jantar Mantar, en centre-ville, où un mémorial informel a été élevé en l'honneur de l'étudiante, morte à 23 ans, le 29 décembre 2012.

La famille de la victime se rendra à une cérémonie religieuse dans le village de leurs ancêtres, dans l'Uttar Pradesh (nord), loin de l'attention médiatique dont elle est l'objet depuis un an, a indiqué le frère de la jeune femme, dont le nom ne peut pas être révélé par la presse selon la loi indienne.

"Nous voulons nous souvenir d'elle dans le calme, loin de l'agitation. Nous voulons que ce soit un moment privé, un moment familial", a-t-il déclaré à l'AFP.

La famille suivra le rite hindou, avec des prières et des offrandes aux ancêtres, pour qu'ils apportent la paix aux défunts.

Après une soirée au cinéma, l'étudiante en kinésithérapie et un compagnon étaient montés dans un bus qu'ils pensaient en service, à New Delhi. Six hommes présents dans le véhicule, qu'ils avaient emprunté pour se balader dans la ville, avaient violemment battu le jeune homme et sauvagement violé sa compagne, avant d'éjecter le couple, en sang, sur un trottoir.

Elle était morte 13 jours après cette attaque, malgré un transfert et des soins prodigués dans un grand hôpital de Singapour.

Les six hommes avaient été arrêtés: un est mort en prison --un suicide selon les autorités--, quatre autres ont été condamnés à mort et le 6e, mineur au moment des faits, à de la prison.

Ce crime, commis en pleine ville et impliquant une jeune femme de la classe moyenne, en pleine émergence en Inde, avait déclenché des manifestations de masse dans le pays et soulevé un débat sur la façon dont sont traitées les femmes.

Lors des manifestations géantes, les protestataires, femmes et hommes, avaient crié leur colère à propos des violences infligées aux Indiennes, mais aussi du manque d'ardeur de la police et de la justice à poursuivre les assaillants.

Le nombre de viols enregistré en 2013 devrait être supérieur à celui de 2012 en Inde, ce qui pour de nombreux défenseurs des droits de la femme est un indicateur positif d'une évolution des comportements, les femmes n'hésitant plus à porter plainte.

Les associations de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International, soulignent cependant que cette prise de conscience reste confinée aux villes. Les campagnes réservent toujours un sort peu enviable aux Indiennes.

Le Parlement indien a voté en 2013 une loi aggravant les peines pour les auteurs de violences sexuelles, mais les tribunaux du pays souffrent toujours d'une lenteur peu compatible avec le rendu de la justice.

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