NOUVELLES

Un attentat suicide fait au moins 16 morts en Russie

29/12/2013 05:35 EST | Actualisé 28/02/2014 05:12 EST
AFP

À moins de six semaines de l'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, un attentat-suicide a fait au moins 17 morts et des dizaines de blessés dimanche dans une gare de Volgograd, près de la région instable du Caucase russe. C'est la deuxième attaque en trois jours à survenir dans le sud du pays, ce qui ravive les craintes entourant la sécurité des activités olympiques. 

L'auteur de l'attaque de Volgograd serait un homme, dont la bombe cachée dans son sac à dos a explosé devant le détecteur de métal, à l'entrée principale de la gare. 

Selon le correspondant de Radio-Canada en Russie, Jean-François Bélanger, les enquêteurs ont pu déterminer le sexe du kamikaze en étudiant les vidéos de surveillance. Les policiers suspectaient au départ la femme qui se trouvait à ses côtés, qui a elle aussi été tuée lors de l'explosion. L'auteur de l'attentat-suicide avait en sa possession une grenade et un pistolet.

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné aux forces de l'ordre de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité dans le pays, selon un porte-parole.

Le secrétaire général de l'OTAN, Fogh Rasmussen, a réagi à cet attentat en affirmant que l'Alliance atlantique continuerait à combattre le terrorisme aux côtés des autorités russes.

« Il ne peut y avoir aucune justification à de tels attentats barbares », a ajouté M. Rasmussen dans un communiqué.

De son côté, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a qualifié l'attaque de « crime haineux ». Il souhaite que les responsables soient identifiés et traînés en justice.

Même si l'attentat-suicide n'a pas été revendiqué, la thèse islamiste n'est pas encore écartée, souligne le collaborateur de Radio-Canada à Moscou, Pierre Ludvig.

Des Jeux sous haute surveillance

L'attentat de dimanche est le plus meurtrier dans le pays, à l'extérieur du Nord-Caucase, en près de trois ans. Il est le deuxième attentat en moins de trois jours en Russie. Vendredi, l'explosion d'une voiture piégée a fait trois morts à Piatigorsk, toujours dans le sud du pays.

En octobre, un attentat-suicide a fait sept morts et une trentaine de blessés à bord d'un autobus de la même ville. Il avait été commis par une femme originaire du Daguestan. Cette république russe autonome, située dans le Nord-Caucase, lutte contre une insurrection islamiste. Entre 200 et 300 personnes meurt chaque année dans cette région à cause d'un attentat terroriste. 

En juillet dernier, le chef de cette insurrection, le Tchétchène Dokou Oumarov, a appelé ses militants à recourir à « la force maximale » pour empêcher la tenue des Jeux olympiques.

Le gouvernement russe a déployé des dizaines de milliers de soldats, policiers et membres des forces de sécurité afin de protéger ces Jeux olympiques. Les organisateurs ont promis de faire des Jeux de Sotchi les « Olympiques les plus sécuritaires de l'histoire ».

Néanmoins, les terroristes risquent de trouver un moyen de déjouer les autorités russes, croit Jean-François Bélanger. « L'attentat de Volgograd le montre bien, il est très facile de contourner ce dispositif sécuritaire en frappant tout simplement ailleurs et ça attire tout autant l'attention. Ça montre tout autant la vulnérabilité de la Russie », explique-t-il.