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Un député sunnite arrêté lors d'un raid meurtrier en Irak

28/12/2013 08:11 EST | Actualisé 27/02/2014 05:12 EST

Les forces de sécurité irakiennes ont arrêté samedi à Ramadi, dans la province d'Anbar, un député sunnite de premier plan, Ahmed Al-Alouani, lors d'une opération qui a coûté la vie à au moins cinq personnes, a-t-on appris de source proche de la police.

L'arrestation du parlementaire et la fusillade survenue au cours de l'opération à son domicile risquent de déclencher de nouvelles violences à travers Anbar, province de l'Ouest irakien peuplée majoritairement de sunnites.

Ahmed Al-Alouani appartient au bloc Irakiya, mouvement laïque à dominante sunnite. Ouvertement hostile au premier ministre chiite Nouri Al-Maliki, Ahmed Al-Alouani est l'une des figures de proue du mouvement de manifestations organisé par les sunnites, minoritaires dans le pays, mais qui s'estiment victimes de discriminations de la part des chiites.

Lorsque les policiers se sont présentés à la résidence du député, dans la ville de Ramadi, une fusillade a éclaté, qui a duré deux heures. Les gardes du corps, mais aussi des membres de la tribu d'Alouani, ont tenté de résister aux forces de l'ordre venues arrêter l'élu pour « terrorisme ».

Trois des gardes du corps ont été tués, ainsi qu'un frère et une soeur d'Ahmed Al-Alouani, a-t-on déclaré de sources proches de la police.

Aucun membre de la famille Alouani n'a pu être contacté pour l'instant pour exposer sa version des événements.

Pour le président du Parlement irakien, le sunnite Oussama Al-Noudjaïfi, l'opération des forces de sécurité est une « violation évidente » de la Constitution irakienne et constitue un « précédent dangereux ».

Les violences à un pic depuis 2006-2007

Le général Ali Ghaïdan, commandant de l'armée de terre, a déclaré à la télévision publique que les forces de sécurité avaient tenté également d'arrêter le frère d'Alouani, Ali, qu'il a accusé d'avoir joué un rôle dans des attaques où ont péri des soldats irakiens dans la province d'Anbar.

Ali a été tué dans la fusillade, de même qu'un soldat irakien, et deux gardes du corps ont été blessés, selon le général Ghaïdan.

« Nous avons bien traité Ahmed Al-Alouani. Nous lui avons signifié que nous avions un mandat d'arrestation, et l'avons appréhendé », a-t-il dit.

Les violences atteignent cette année un pic en Irak depuis la période 2006-2007, durant laquelle des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées dans les combats entre sunnites
et chiites.

Les attentats à la bombe, les fusillades et les attentats-suicide, commis dans nombre de cas par des activistes d'Al-Qaïda, sont redevenus monnaie courante en Irak. La fusillade de
samedi à Ramadi risque fort de réduire à néant les efforts du premier ministre pour en finir avec les manifestations sunnites à Anbar à l'approche des élections législatives d'avril
prochain.

En septembre 2012, le vice-président Tarek Al-Hachémi, l'une des plus hautes personnalités politiques sunnites, a été condamné à mort par contumace pour des meurtres commis par des escadrons de la mort. Hachémi, qui dément les accusations, s'est enfui en Turquie.

Les gardes du corps du ministre des Finances Rafie Al-Essaoui ont quant à eux été arrêtés en décembre 2012, déclenchant la vague de manifestations sunnites en cours.

Un raid contre un camp de manifestants en avril dernier à Haouidja, dans le nord de l'Irak, a déclenché des affrontements qui ont fait plus de 40 morts.

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