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Égypte: des rassemblements interdits des Frères musulmans font 3 morts au Caire

27/12/2013 11:38 EST | Actualisé 26/02/2014 05:12 EST
AFP via Getty Images
Muslim brotherhood supporters run for cover during clashes with police in Helwan on the outskirts of Cairo on December 27, 2013. At least 148 pro-Islamist protesters were arrested after they rallied in several Egyptian cities, police said, as the authorities vowed to repress demonstrations by the Muslim Brotherhood. AFP PHOTO/KHALED KAMEL (Photo credit should read KHALED KAMEL/AFP/Getty Images)

Au moins 265 membres des Frères musulmans, considérés par les autorités égyptiennes comme un «groupe terroriste», ont été arrêtés vendredi lors de rassemblements interdits marqués par des heurts ayant fait trois morts.

Défiant la vague de répression qui s'abat sur eux depuis cet été et leur désignation mercredi comme groupe «terroriste», les partisans de Mohamed Morsi, le président islamiste renversé le 3 juillet par l'armée, avaient appelé à manifester dès vendredi au Caire et partout dans le pays.

Les manifestants se sont rassemblés dans plusieurs villes du pays après la grande prière hebdomadaire, et ont lancé des pierres sur les forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Des heurts ont éclaté par endroits avec les forces de l'ordre, qui comptent plusieurs blessés et véhicules incendiés, mais surtout avec des opposants aux Frères musulmans. Ces derniers types d'affrontements ont fait au total trois morts dans plusieurs villes, selon le ministère de l'Intérieur.

Selon une source hospitalière, un homme a été tué à Samaloute, au sud du Caire.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Hany Abdel Latif, a accusé les manifestants d'avoir utilisé des armes à feu et des bombes incendiaires.

A travers le pays, 265 «éléments des Frères musulmans» ont été arrêtés pendant des affrontements, et des mesures sont prises pour qu'ils soient pris en charge par la justice conformément à la décision gouvernementale de désigner la confrérie comme un «groupe terroriste», selon le ministère.

Compte tenu de cette désignation, les responsables des Frères musulmans risquent la peine de mort et les manifestants jusqu'à cinq ans de prison.

Au Caire, de la fumée s'élevait des dortoirs de l'université Al-Azhar, où la police a tiré des gaz lacrymogènes vers des manifestants qui jetaient des pierres, selon des journalistes de l'AFP.

L'homme fort du nouveau pouvoir, le général Abdel Fattah al-Sissi, chef de l'armée, avait promis jeudi d'«éliminer» les terroristes et de faire revenir la «stabilité» dans le pays, après deux attentats en deux jours.

Risque de radicalisation

Mardi, un attentat suicide à la voiture piégée contre un bâtiment de la police a fait 15 morts à Mansoura (nord) et jeudi matin, un attentat visant un bus a fait cinq blessés dans le nord du Caire.

Jeudi soir, des étudiants partisans de M. Morsi s'étaient déjà rassemblés au Caire, où le ministère de l'Intérieur a fait état d'un mort dans des heurts ayant ensuite éclaté avec des opposants du président déchu.

L'attentat de Mansoura a été revendiqué par un mouvement jihadiste, Ansar Beit al-Maqdess, mais le gouvernement considère les Frères musulmans comme responsables de cette attaque, que la confrérie a dénoncée.

Les dirigeants de la confrérie risquent désormais la peine capitale pour «terrorisme», a expliqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Hany Abdel Latif.

Quant à ses membres, ils sont interdits de manifestation, et le journal du mouvement, «Liberté et Justice», a été définitivement interdit, de même que le parti du même nom, qui avait remporté toutes les élections organisées depuis la révolte de 2011.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a déploré la décision du pouvoir égyptien.

Depuis la destitution de M. Morsi, l'Egypte est entrée dans un engrenage de violences. Les autorités répriment dans le sang les islamistes, et les plus radicaux d'entre eux mènent des attaques qui ont tué plus d'une centaine de policiers et de soldats.

Les autorités accusent régulièrement la confrérie d'aider et de financer les attentats contre les forces de l'ordre, sans toutefois apporter la preuve des liens entre les jihadistes et les Frères musulmans, tenants d'un islam politique plus modéré.

L'implacable campagne des autorités dirigées de facto par les militaires a fait plus de 1 000 morts et des milliers d'arrestations dans les rangs islamistes.

Bannis mais tolérés sous le régime de Hosni Moubarak et véritablement sortis de la clandestinité à son départ en 2011, les Frères musulmans pourraient se radicaliser après avoir été dépossédés d'une présidence acquise via les urnes, estiment les experts.

En destituant M. Morsi, les militaires ont promis une «transition démocratique», qui doit se clore par des élections législatives et présidentielle mi-2014.

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