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Des opposants iraniens dénoncent une "attaque terroriste" contre leur camp en Irak

27/12/2013 11:18 EST | Actualisé 26/02/2014 05:12 EST

La présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), Maryam Radjavi, a dénoncé vendredi une "attaque terroriste" attribuée au régime de Bagdad, après les tirs de roquettes contre le camp Liberty près de la capitale irakienne.

Trois personnes ont été tuées et 71 blessées jeudi soir en Irak par une trentaine de roquettes tirées contre le camp Liberty, près de l'aéroport de Bagdad, selon le CNRI, dont les Moujahidine du peuple sont la principale composante.

Il s'agit de la quatrième attaque cette année par des tirs de roquettes contre ce camp, une ancienne base militaire américaine, où se trouvent près de 3.000 membres des Moujahidine du peuple iraniens.

"L'attaque sur Liberty est un nouveau remboursement de Nouri al-Maliki (le Premier ministre irakien, ndlr) à Khamenei (le Guide suprême iranien, ndlr) pour son soutien à son troisième mandat de Premier ministre", a jugé vendredi Mme Radjavi dans un communiqué.

"C'est en même temps une tentative de Khamenei de contrer le renversement de son régime chancelant et grevé de crises, surtout après avoir accepté l'accord nucléaire. Il cherche à se sauver en tuant des Moudjahidine du peuple", a ajouté la présidente du CNRI.

Mme Radjavi a appelé la communauté internationale à exiger un renforcement de la sécurité dans le camp, alors que l'entrée de casques et de gilets de protection, de tissus et de sacs en jute et même de téléphones portables est interdite à Liberty.

"Si les USA et l'ONU n'avaient pas violé leurs engagements déclarés à plusieurs reprises concernant la sécurité et la santé des habitants d'Achraf et de Liberty (...), Maliki n'aurait pas osé commettre ce nouveau crime ignoble", a affirmé Mme Radjavi.

"La seule manière véritable d'empêcher la poursuite des crimes à Liberty et la tuerie des réfugiés iraniens, c'est de les transférer tous immédiatement aux USA, même temporairement dans un lieu provisoire", a demandé la présidente du CNRI.

Les Etats-Unis ont "condamné avec la plus grande force" cette attaque et ont demandé, dans un communiqué du département d'Etat, "au gouvernement irakien de prendre des mesures supplémentaires pour sécuriser le camp".

La France a également condamné l'attaque et appelé le gouvernement irakien "à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du camp de Hurriya (Liberty) et de celui d'Achraf".

Fondés en 1965 avec pour objectif de renverser le régime du Chah puis le régime islamique, les Moujahidine ont été chassés d'Iran dans les années 1980. La plupart se sont installés à Achraf, au nord-est de Bagdad pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), avec le soutien du régime de Saddam Hussein.

Ils ont été désarmés après l'intervention américaine en 2003, et le gouvernement irakien à majorité chiite qui s'est rapproché de Téhéran cherche depuis à se débarrasser de leur présence, jugée encombrante.

Début septembre, 52 personnes avaient été tuées dans le camp d'Achraf dont plusieurs avaient été abattues alors qu'elles avaient les mains liées dans le dos, selon l'ONU.

Les Moujahidine du peuple, dont une centaine de membres habitaient le camp d'Achraf, avaient accusé une unité spéciale des forces de sécurité irakiennes dépendant du Premier ministre d'être responsable de cette attaque. Le gouvernement irakien avait mis en place une commission d'enquête et affirmé que ses forces s'étaient défendues après avoir été attaquées.

La violence en Irak a atteint un niveau sans précédent depuis 2008 et plus de 6.700 personnes ont été tuées en Irak depuis le début de l'année selon des statistiques de l'AFP basées sur des sources médicales et de sécurité

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