POLITIQUE

Des chercheurs de la Défense consacre 14 000 $ pour réaliser un sondage sur les superhéros

27/12/2013 07:42 EST | Actualisé 26/02/2014 05:12 EST

OTTAWA - Des chercheurs de la Défense ont dépensé près de 14 000 $ pour un sondage demandant si des superhéros pouvaient sauter par-dessus des gratte-ciel.

L'étude réalisée pour la division de la recherche de la Défense nationale a également interrogé 150 personnes en ligne pour savoir si les superhéros pouvaient voler dans les airs, voir à travers les murs, entendre des murmures à des kilomètres de distance, devenir invisibles et traverser les murailles.

Ces questions quelque peu surprenantes découlent d'une brève étude menée en octobre pour aider les Forces canadiennes «à gagner les coeurs et les esprits» des populations locales lorsqu'elles sont déployées à l'étranger, comme récemment en Afghanistan.

Certaines questions étaient conçues pour déterminer les attentes de la population par rapport aux «catégories surnaturelles qui sont si importantes dans la culture populaire et dans la religion».

Au dire du porte-parole de la Défense nationale Noel Paine, le projet d'étude comprenait un paiement de 13 750 $ pour de la collecte de données effectuée par l'Université de Toronto.

«Ces travaux permettront non seulement aux sociologues de mieux comprendre la dissémination des concepts surnaturels et religieux, mais donneront également aux Forces canadiennes la possibilité (...) de concevoir des messages qui seront plus efficaces auprès du public cible», indique un résumé de la recherche.

L'armée ne dispose «d'aucune capacité de modélisation ou d'analyse pour comprendre comment ses actions auront un impact sur l'état psychologique des individus».

L'étude, l'une de plusieurs prévues sur ce sujet, comprenait trois expériences proposant une série d'affirmations philosophiques, à propos desquelles les participants indiquaient leur accord selon une échelle.

«Les forces armées canadiennes doivent être en mesure d'informer et de rassurer les populations locales», a indiqué la porte-parole de la Défense Myriam Bower dans un courriel, lorsqu'interrogée à savoir pourquoi cette recherche avait été effectuée à une époque de compressions budgétaires.

«Cela ne peut être accompli sans comprendre la façon dont les gens perçoivent, comprennent et se souviennent de divers messages.»

La prochaine étape de cette recherche, dit-on, consiste à examiner les messages fréquents déjà utilisés par l'armée canadienne pour communiquer avec les populations locales, et comment celles-ci les comprennent.