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Chine: peines de prison pour 4 gardes municipaux après la mort d'un vendeur de rue

27/12/2013 06:40 EST | Actualisé 26/02/2014 05:12 EST

Un tribunal chinois a condamné vendredi à des peines de prison quatre membres d'une brigade de l'ordre municipale, impliqués dans l'altercation ayant conduit à la mort d'un vendeur de rue, selon un média d'Etat.

Deng Zhengjia, 56 ans, qui vendait sans licence des pastèques sur un étal dans une ville du Hunan (centre), avait été violemment battu en juillet par des "chengguan", c'est-à-dire des membre des forces de maintien de l'ordre dans les villes chinoises.

Une vidéo montrant Deng gisant inanimé sur le sol avait alors été largement diffusée sur les réseaux sociaux chinois, alimentant un mouvement d'indignation chez les internautes, prompts à dénoncer un nouvel abus des forces municipales, très impopulaires dans le pays.

Quatre des gardes municipaux impliqués ont été reconnus coupables de "blessures intentionnelles" et condamnés à des peines de prison allant de trois ans et demi à 11 ans, a rapporté l'agence officielle Chine nouvelle, sur son compte officiel du réseau social Weibo.

Des médias locaux avaient rapportés mi-juillet que six "chengguan" au total avaient été interpellés après l'incident et la vague d'indignation qu'il avait provoquée. Selon ces médias, l'un d'eux avait frappé Deng à la tête avec un poids en métal.

Un portail d'informations lié au gouvernement local avait en revanche assuré que le vendeur ambulant était mort en chutant brutalement de lui-même sur le sol lors de sa discussion avec les gardes municipaux --une version tournée en ridicule par des internautes scandalisés.

L'annonce des sentences était accueillie vendredi avec circonspection par les usagers des réseaux sociaux chinois.

"Ils ont volé sa vie à quelqu'un, mais ne paieront pas de leur vie, et leurs existences sont mieux considérées que celle (de leur victime). Mais nous sommes en Chine, là où rien n'est fait de façon logique", s'est indigné un internaute sur Weibo.

"Trop léger ce verdict! Si la victime avait des liens avec un officiel quelconque, je ne suis pas sûr que les sentences auraient été les mêmes", a soupiré un autre dans un microblog.

En Chine, le système judiciaire n'est pas indépendant et dépend étroitement des décisions des autorités politiques.

Les "chengguan", chargés officiellement d'appliquer en ville les règlements administratifs (ne relevant pas du droit pénal), sont souvent accusés d'abuser de leurs pouvoirs, notamment en maltraitant des vendeurs de rue.

cdh-jug/ia

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