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Brésil : Rousseff exproprie 92 fermes pour la réforme agraire

27/12/2013 11:37 EST | Actualisé 26/02/2014 05:12 EST

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a signé vendredi un décret d'expropriation portant sur 92 exploitations agricoles qui seront destinées à des familles de petits paysans dans le cadre de la réforme agraire, selon un communiqué du ministère de l'Agriculture.

En octobre, la présidente avait signé le premier décret d'expropriation de l'année 2013, portant sur huit grandes exploitations agricoles.

Ces décrets "portent à 100 le nombre de fermes expropriées pour la réforme agraire cette année", soit un total de 1.935 km2 (193.500 ha) dans 16 des 27 États fédérés du pays qui pourront recevoir 4.670 familles de travailleurs ruraux, souligne le ministère.

Ces petits paysans pratiqueront sur leur parcelle du petit élevage, de la production laitière, de la fruticulture et de l'horticulture, entre autres.

L'Institut national de la colonisation et de la réforme agraire (Incra) versera l'équivalent de 83 millions d'euros en 2014 en indemnités aux propriétaires des fermes expropriées, utilisées jusqu'ici pour de l'élevage extensif.

Il y a 15 jours, un porte-parole du Mouvement des travailleurs ruraux sans-terre (MST) avait critiqué une "réforme agraire enlisée en 2013 au Brésil".

"C'est la pire année de la réforme agraire (...) A ce jour, seules 159 familles ont été installées (sur des terres) dans tout le pays. C'est une honte", avait dénoncé João Paulo Rodrigues, membre de la coordination nationale du MST.

D'après João Paulo Rodrigues, "le gouvernement est complètement otage du Front parlementaire ruraliste (des grands propriétaires agricoles), le plus grand mouvement du Congrès national".

Le porte-parole a dénoncé également les inégalités de traitement entre l'agro-business et la petite agriculture.

"Pour vous faire une idée, le plan d'aide à l'agriculture familiale pour la récolte 2013-2014 représente un peu plus de 20% de l'argent qui est destiné à l'agro-business", a fait valoir le porte-parole.

D'après le MST, créé en 1984, il y avait en 2010 plus de 150.000 familles de "sans-terre" au Brésil, réclamant le droit d'exploiter des parcelles actuellement regroupées et formant d'immenses propriétés.

Selon l'Institut national de statistiques, 43% des terres agricoles du pays appartiennent à 1% des propriétaires.

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