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Soudan du Sud: les premiers renforts pour l'ONU attendus dans 48 heures

26/12/2013 01:19 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

Les premiers renforts en hommes et en matériel pour la Mission de l'ONU au Soudan du Sud devraient arriver sur place dans les 48 heures, a indiqué jeudi la représentante spéciale de l'ONU dans le pays.

L'ONU a décidé d'envoyer 6.000 Casques bleus supplémentaires et des moyens aériens (six hélicoptères de combat ou de transport et un avion C130) pour renforcer sa mission au Soudan du Sud (Minuss) afin qu'elle soit en mesure de mieux protéger les civils.

"Nous travaillons non stop pour obtenir dès que possible ces ressources" qui proviendront d'autres missions de l'ONU en Afrique (RDCongo, Côte d'Ivoire, Darfour, Liberia notamment), a déclaré Hilde Johnson lors d'une conférence de presse.

"Nous nous efforçons de livrer dans les 48 heures plusieurs éléments essentiels dont nous avons besoin". Il s'agira d'hommes et d'équipements, a-t-elle indiqué sans autres précisions.

"Nos militaires sont occupés au maximum par la protection des civils dans les camps" de l'ONU à Juba, Bor, Bentieu et Malakal notamment, a-t-elle souligné. "Tous les Casques bleus ont pour instruction d'utiliser la force quand des civils font l'objet de menaces imminentes".

Tout en estimant impossible de dresser un bilan précis des victimes depuis le début des violences le 15 décembre, Mme Johnson a estimé ce bilan à "plus d'un millier de morts". Mais elle a ajouté que certains bilans attribués à l'ONU et évoquant "des milliers et des milliers de morts" ne correspondaient pas à la réalité.

Mme Johnson a indiqué que des combats continuaient à Bor (Etat d'Unité) mais que les forces gouvernementales contrôlaient l'aéroport et les points stratégiques de la ville. L'autre zone d'affrontements est la ville de Malakal (Nil supérieur).

Interrogée sur les efforts de médiation entrepris par plusieurs pays africains, dont le Kenya et l'Ethiopie, elle a dit "n'avoir eu connaissance pour l'instant d'aucune percée" pour amener le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar à négocier une issue pacifique de leur rivalité qui a enflammé le pays.

Le président kényan Uhuru Kenyatta et le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, accompagnés de leurs ministres des Affaires étrangères, ont fait un aller-retour jeudi à Juba pour tenter une nouvelle médiation auprès de Salva Kiir.

Mme Johnson a aussi réaffirmé que les responsables d'exactions "devront rendre des comptes". Les experts en droits de l'homme qui font partie de la Minuss enquêtent sur les accusations de meurtres et de viols, a-t-elle dit. Rappelant un engagement pris le 24 décembre par le président Salva Kiir de "faire arrêter les coupables d'atrocités", elle a ajouté: "nous attendons des actes". Elle a cependant refusé de commenter des incidents en particulier ni de désigner des responsables. "Il faut mener une solide enquête", a-t-elle dit.

La Minuss, a encore dit Mme Johnson, "n'a pas été en mesure de confirmer la présence d'un charnier à Bentiu", comme l'avait évoqué précédemment à Genève la Haut commissaire aux droits de l'homme Navi Pillay. Les quelque 15 soldats gouvernementaux retrouvés mort à Bentiu "ont péri dans des escarmouches" avec des rebelles, a-t-elle expliqué.

Selon des diplomates, le Conseil de sécurité de l'ONU doit avoir vendredi matin de nouvelles consultations pour suivre l'évolution de la situation au Soudan du Sud.

avz/rap

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