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Mort d'Arafat: les Russes ont fait une "déclaration politique" (expert suisse)

26/12/2013 06:51 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

L'expert suisse chargé d'analyser des échantillons prélevés sur la dépouille de Yasser Arafat a accusé jeudi les experts russes d'avoir fait une "déclaration politique" sans fondement scientifique.

"Les Russes, ils avancent des choses sans donner la moindre valeur numérique, sans donner le moindre argument scientifique, donc pour moi c'est vide, c'est une déclaration politique", a déclaré à l'AFP le professeur François Bochud, directeur de l'Institut de radiophysique de Lausanne.

"Ils n'ont pas communiqué leur rapport, ils disent simplement des conclusions que n'importe qui pourrait dire s'il avait envie de dire quelque chose", a-t-il ajouté.

M. Bochud est le co-auteur d'un rapport publié le 7 novembre privilégiant la thèse d'un empoisonnement au polonium. Les scientifiques suisses, qui ont remis leur rapport à Souha Arafat, la veuve d'Arafat, et à l'Autorité palestinienne, ont indiqué avoir mesuré des doses de polonium jusqu'à 20 fois supérieures aux taux habituels, sans toutefois affirmer catégoriquement que cette substance radioactive était à l'origine du décès.

En revanche, des experts russes ont écarté jeudi la thèse d'un empoisonnement, rejoignant les conclusions du rapport français critiqué par la veuve du leader palestinien.

"J'ai vu sur Internet que les Russes disaient ou laissaient entendre que nous aurions changé d'avis suite à leur rapport alors ça c'est totalement faux, déjà rien que parce que nous n'avons pas vu leur rapport et les arguments que nous avons avancés restent tout à fait valables", a souligné M. Bochud.

"Notre point de vue n'a pas changé, c'est sûr. On ne dit pas qu'on a la preuve qu'il est mort empoisonné par du polonium. On dit que les données qu'on a supportent raisonnablement la thèse de l'empoisonnement. Mais dire le contraire avec les mêmes données cela nous paraît vraiment fallacieux", a-t-il poursuivi, soulignant espérer recevoir le rapport des Russes.

"Si on pouvait l'avoir, on pourrait parler de choses concrètes, mais là pour l'instant ce sont des paroles en l'air, ce qui est dit par les autorités russes", a-t-il conclu.

Il a également précisé que les autorités palestiniennes avaient pu voir le rapport des Russes et que, selon les Palestiniens, les Russes ont des "valeurs similaires" aux Suisses.

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