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Les combats continuent au Soudan du Sud, nouvelle médiation africaine

26/12/2013 10:24 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

Les combats entre l'armée et la rébellion se sont poursuivis jeudi dans une région pétrolière du Soudan du Sud, pendant une nouvelle médiation des dirigeants kényan et éthiopien, ponctuée, selon eux, par "de bons progrès".

Les forces du président sud-soudanais Salva Kiir ont continué de s'opposer aux rebelles de l'ex-vice président Riek Machar pour le contrôle de Malakal, capitale de l'Etat pétrolier du Haut-Nil, dans le nord du pays, où les combats avaient été signalés dès mercredi.

"Il y a des combats à Malakal. Nos forces sont au nord de Malakal et les rebelles au sud. Nous allons les dégager de Malakal", a déclaré jeudi à l'AFP le porte-parole de l'armée Philip Aguer.

Il a aussi réaffirmé, comme la veille, qu'une offensive était en préparation sur Bentiu, la capitale de l'Etat d'Unité, la principale région pétrolière du pays.

"Les rebelles contrôlent toujours Bentiu mais la SPLA (l'armée) se prépare à reprendre la ville bientôt", a affirmé M. Aguer.

Le bilan des combats qui ont éclaté à la mi-décembre atteindrait plusieurs milliers de morts, selon l'ONU, qui a annoncé la découverte de charniers.

"Au moins 90.000 personnes ont été déplacées depuis dix jours, dont 58.000 se sont réfugiées sur les bases de l'ONU" à travers le pays, a expliqué mercredi le coordinateur humanitaire de l'ONU au Soudan du Sud, Toby Lanzer.

Pour tenter de mettre fin au conflit et faire face à l'urgence humanitaire, l'ONU a décidé mardi de quasiment doubler le contingent de Casques bleus, pour le porter à 12.500 hommes. Et elle a chiffré mercredi à 166 millions de dollars ses besoins financiers pour assurer les secours d'urgence à la population du Soudan du Sud jusqu'en mars.

Nouvelle offensive diplomatique

Les combats dans les régions pétrolières ont entraîné une légère hausse des prix de l'or noir sur les marchés internationaux, même si le Soudan du Sud n'est qu'un exportateur mineur de pétrole au niveau mondial.

En revanche, les revenus du pétrole sont cruciaux pour ce jeune Etat, indépendant depuis seulement deux ans et demi, car ils assurent l'essentiel du budget.

Sur le front diplomatique, le président kényan Uhuru Kenyatta et le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, accompagnés de leurs ministres des Affaires étrangères, ont fait un aller-retour jeudi à Juba pour tenter une nouvelle médiation auprès de Salva Kiir.

Le chef de la diplomatie éthiopienne a fait par de "bon progrès à l'occasion de cette visite, qui sera suivie, vendredi à Nairobi, d'un sommet de l'Autorité intergouvernementale sur le développement (Igad). Organisation sous-régionale, l'Igad avait déjà oeuvré à la conclusion de l'accord de paix entre la rébellion sudiste et Khartoum qui avait mis fin en 2005 à la guerre civile Nord-Sud et ouvert la voie à l'indépendance de Juba en juillet 2011.

Cette nouvelle médiation intervient après celles menées la semaine dernière par les pays d'Afrique de l'Est voisins du Soudan du Sud. L'ONU et les Etats-Unis, parrains de l'indépendance et principal soutien international du pays, ont aussi fait pression sur les belligérants pour faire cesser les combats.

La Chine, qui possède déjà des intérêts et a de grands projets dans le secteur pétrolier sud-soudanais, a aussi annoncé l'envoi prochain d'un émissaire au Soudan du Sud pour aider aux négociations.

Salva Kiir et Riek Machar ont formellement accepté d'entamer des pourparlers, mais sans fixer de date.

Les deux hommes sont de vieux rivaux politiques, depuis des années avant l'indépendance. Le premier accuse le second de tentative de coup d'Etat. Riek Machar dément, accusant Salva Kiir de vouloir éliminer ses rivaux par une purge. Dans leur lutte pour le pouvoir, les deux dirigeants instrumentalisent les antagonismes entre leurs ethnies réciproques: les Dinka de Kiir (majoritaires dans le pays), et les Nuer de Machar.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a menacé mercredi de sanctions les responsables d'exactions, dans un message à la population.

Les Nations unies se tiennent aux côtés de la population du Soudan du Sud en ces temps difficiles", a déclaré M. Ban, condamnant les "attaques abominables" et les "graves violations des droits de l'homme" commises.

Les combats touchent la moitié des 10 Etats du pays: ceux de Jonglei, d'Unité, d'Equateur central (Juba), mais aussi du Haut-Nil ou encore d'Equateur oriental.

Mardi, les forces gouvernementales avait repris aux rebelles la ville de Bor, capitale de l'Etat de Jonglei, à 200 km au nord de Juba.

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