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Le Premier ministre japonais doit être mis sur "liste noire", selon un quotidien officiel chinois

26/12/2013 10:47 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

La Chine doit prendre des mesures de rétorsion "appropriées, et même légèrement excessives", telle que déclarer personna non gratae le Premier ministre japonais Shinzo Abe après sa visite controversée au sanctuaire de Yasukuni, a estimé vendredi un quotidien officiel chinois.

"Les gens en ont assez de pareilles futiles +vives condamnations+", écrit le Global Times dans un éditorial citant la protestation officielle la veille du ministre chinois des Affaires étrangères, M. Wang Yi.

Le ministre avait émis une "vive condamnation" en réaction au geste de Shinzo Abe, premier chef de gouvernement depuis 2006 à se rendre à ce sanctuaire qui abrite des criminels de guerre japonais exécutés après 1945 pour leur responsabilité dans l'invasion de la Chine et d'autres pays d'Asie et des atrocités qui l'ont accompagnée.

"La Chine doit prendre des contre-mesures appropriées et même légèrement excessives", sous peine "d'apparaître comme un tigre de papier", écrit le journal anglophone du Parti communiste chinois (PIC), au ton volontiers nationaliste.

Le quotidien suggère ainsi de "mettre Abe et ses hommes de main", dont les ministres et députés qui ont rendu visite cette année au sanctuaire, sur une "liste noire" de personnes "totalement indésirables".

"La Chine peut fermer sa porte à ces gens pour une période de cinq ans", poursuit le journal, leur interdisant ainsi "toute chance de réparer les relations brisées" entre les deux pays et "avertissant ainsi la prochaine génération de politiciens japonais".

"Le maintien de l'amitié entre la Chine et le Japon ne doit plus être l'essentiel", assène encore journal, qui demande que le Premier ministre japonais soit considéré "comme les terroristes et les fascistes".

De son côté, le China Daily, évoquant "l'insulte intolérable" de la veille, estime dans un éditorial que "(notre) réponse ne doit en aucune façon s'arrêter aux représentations diplomatiques" et que, pour la communauté internationale et la Chine "il est temps (...) de reconsidérer sérieusement les relations avec le Japon, en termes de sécurité, de diplomatie et d'économie".

Plus mesuré, le Quotidien du Peuple, organe officiel du PCC, se contente de dénoncer un "défi à la justice historique et à la conscience humaine", estimant que "la société japonaise bascule de plus en plus à droite" et appelant le Japon à "une introspection et des excuses sincères aux peuples victimes" de son passé militariste.

Les relations entre Tokyo et Pékin se sont en outre très dégradées depuis plus d'un an en raison d'une querelle de souveraineté sur des îles inhabitées en mer de Chine orientale, administrées par le Japon sous le nom de Senkaku et revendiquées par la Chine sous celui de Diaoyu.

ple/abl

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