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Japon: la presse majoritairement critique après la visite d'Abe au sanctuaire Yasukuni

26/12/2013 10:58 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

La presse japonaise se montrait critique, à l'exception de l'extrême-droite, après la visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe au sanctuaire patriotique Yasukuni, dénonçant un geste personnel qui dessert les intérêts du pays.

Parmi les principaux quotidiens, il ne se trouvait guère que le Sankei Shimbun, le plus nationaliste, pour considérer le fait que M. Abe a rempli son rôle de "dirigeant du pays". Il est "indispensable" qu'un tel pèlerinage soit effectué par le Premier ministre, écrit-il, et "beaucoup de citoyens attendaient ce jour".

Et de rappeler que, n'en déplaise aux voisins chinois et sud-coréens autant qu'aux Américains, "il est de tradition dans la culture nippone de se recueillir auprès de ceux qui sont morts pour la patrie".

Le Yasukuni honore les âmes de 2,46 millions de militaires décédés au champ d'honneur. Toutefois, parmi eux se trouvent 14 criminels de guerre condamnés par les Alliés après la Seconde guerre mondiale.

La Chine et la Corée du Sud, victimes de la soldatesque nippone durant la première moitié du 20e siècle, considèrent donc comme un affront une visite de dirigeants nippons dans ce sanctuaire de Tokyo qu'ils voient comme le symbole de la glorification du passé militariste du Japon.

"Est-ce que le Premier ministre n'a pas lui-même créé une cause d'instabilité pour son gouvernement ?", s'inquiète en conséquence dans un éditorial le Yomiuri Shimbun, plus grand quotidien japonais plutôt classé à droite.

Il serait dommage que le Premier ministre ait jugé pouvoir s'y rendre en estimant comme une partie de son entourage que "visite au Yasukuni ou pas, de toute façon la Chine et la Corée du Sud ne cessent de critiquer le Japon".

Et le même Yomiuri de demander que soit étudiée la construction d'un lieu national de commémoration pour que tout le monde, hommes politiques compris, puisse s'y rendre sans entraîner de polémique.

"Ce pèlerinage au Yasukuni génère des frictions inutiles à l'intérieur comme à l'extérieur et on ne peut guère considérer que cela profite au pays", écrit pour sa part le quotidien économique Nikkei pour qui ce sanctuaire n'est pas un lieu approprié pour prier.

Le journal de centre-gauche Asahi dénonce aussi un geste "personnel et stérile", effectué "le jour anniversaire de l'arrivée au pouvoir de M. Abe".

Le Nikkei comme l'Asahi soulignent en outre que la réaction de "déception" et d'inquiétude des Etats-Unis est exceptionnelle et montre bien que les conséquences diplomatiques de ce geste sont inévitables.

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