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Egypte: Kerry dénonce la désignation "terroriste" des Frères musulmans

26/12/2013 09:19 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

Le secrétaire d'Etat John Kerry a dénoncé jeudi auprès de son homologue égyptien Nabil Fahmy la décision du Caire de considérer les Frères musulmans comme une "organisation terroriste".

Le chef de la diplomatie américaine a téléphoné jeudi au ministre égyptien des Affaires étrangères, selon un communiqué de la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki.

"Le secrétaire d'Etat a fait part de sa préoccupation quant à la désignation terroriste des Frères musulmans prise le 25 décembre par le gouvernement intérimaire égyptien", a rendu compte Mme Psaki.

L'Egypte a déclaré "organisation terroriste" les Frères musulmans du président destitué Mohamed Morsi, après leur avoir fait porter la responsabilité de l'attentat meurtrier mardi contre le quartier général de la police à Mansoura (nord), pourtant "fermement" condamné par les Frères musulmans et revendiqué par un mouvement jihadiste.

Par ailleurs, un attentat a blessé jeudi cinq personnes dans un bus en Egypte, où plusieurs membres des Frères musulmans ont été arrêtés.

Au cours de sa conversation avec M. Fahmy, M. Kerry a condamné "l'atroce attentat à la bombe terroriste" de Mansoura ainsi que celui du Caire, et les deux ministres sont convenus que "la violence n'avait pas sa place en Egypte, dont le peuple mérite paix et tranquillité", selon la porte-parole de la diplomatie américaine.

Comme Washington le répète depuis six mois, John Kerry a "insisté sur la nécessité d'un processus politique qui inclut le plus grand nombre sur tout l'échiquier politique et qui respecte les droits fondamentaux de tous les Egyptiens afin d'aboutir à un changement démocratique".

Le département d'Etat avait déjà dénoncé lundi un climat de plus en plus liberticide en Egypte, au lendemain de la condamnation de trois militants laïques qui avaient défilé contre une loi controversée limitant le droit de manifester.

Washington demande depuis des mois au Caire d'oeuvrer au retour d'un régime démocratique, notamment à l'occasion du référendum sur une nouvelle Constitution programmé les 14 et 15 janvier 2014.

Les Etats-Unis condamnent aussi régulièrement depuis six mois le tour de vis sécuritaire et la répression des partisans du président déchu Morsi et ont gelé en octobre une partie de leur aide de 1,55 milliard de dollars par an, dont 1,3 milliard pour l'armée.

Mais les Américains n'ont jamais parlé de "coup d'Etat" pour l'éviction de M. Morsi et John Kerry a même déclaré en août que l'armée l'avait renversé pour "sauver la démocratie". Il a aussi accusé les Frères musulmans d'avoir "volé" la révolution de 2011.

nr/sam

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