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Centrafrique: l'archevêque et l'imam de Bangui pour demandent l'envoi de Casques bleus

26/12/2013 06:43 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

L'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, et l'imam Omar Kobine Layama, président de la communauté islamique de Centrafrique, appellent l'ONU à déployer "de toute urgence" une force de maintien de la paix dans ce pays, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde.

"L'ONU devrait de toute urgence convenir d'envoyer sur place une telle force", écrivent-ils, dans l'édition du quotidien français datée de vendredi.

"Si les forces françaises (1.600 militaires) et africaines (4.000 hommes actuellement) ont donné à notre pays la possibilité d'amorcer un nouveau départ, les progrès réalisés sont fragiles, et les troupes ne sauraient porter ce fardeau à elles seules", ajoutent-ils, au moment où Bangui est en proie à de vives tensions.

L'arrivé de "Casques bleus de l'ONU pour sécuriser nos routes et nos habitations, l'acheminement d'une aide et de vaccins éliminerait le sentiment de peur en le remplaçant par un espoir", poursuivent-ils, ajoutant que ce serait "un véritable dividende de la paix propre à unir notre peuple".

Il précisent en avoir discuté récemment avec le président français François Hollande, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et l'ambassadrice américaine à l'ONU, Samantha Power.

Selon eux, "la réconciliation et la paix sont possibles", même si le pays "reste au bord d'une guerre aux aspects religieux". "Nous sommes tous les deux nés dans un climat de tolérance. Nous avons toujours eu pour habitude de célébrer et de respecter les différentes religions. (...) Il nous faut reconstruire aussi bien notre pays que notre tissu social, et nous comptons sur l'ONU pour nous en donner la possibilité", affirment-ils.

"Ce conflit n'est pas en soi un conflit entre musulmans et chrétiens, c'est une crise humanitaire grave provoquée par une instabilité politique et militaire chronique", soulignent-ils, en avertissant que "si rien n'est fait, la crise pourrait enclencher sa propre dynamique irrépressible et dangereuse".

Selon eux, "il existe aujourd'hui un danger d'effroyables représailles contre des musulmans (...), susceptibles d'être visés par des actes de vengeance", après les pillages et tueries commis par les ex-rebelles majoritairement musulmans de la Séléka, qui s'est emparée du pouvoir en mars 2013.

"Nous craignons que faute d'une réponse internationale plus importante, notre pays ne soit condamné aux ténèbres", préviennent-ils en rappelant que plus de deux millions de personnes, soit près de la moitié de la population, ont "désespérément besoin d'aide", que près de 40.000 personnes sont entassées dans l'enceinte de l'aéroport de Bangui, sans abri ni toilettes, et que des centaines de personnes ont été tuées.

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