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Violences: Netanyahu "déçu" par Abbas, une ONG dénonce une riposte "illicite" d'Israël

25/12/2013 01:39 EST | Actualisé 24/02/2014 05:12 EST

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est dit mercredi "déçu" que le président palestinien Mahmoud Abbas n'ait "pas condamné" les dernières attaques visant des Israéliens, tandis qu'une ONG a mis en doute la légalité des représailles à Gaza.

Un Israélien travaillant sur la clôture frontalière avec la bande de Gaza a été tué mardi par un tir palestinien, auquel l'armée israélienne a riposté par une série de frappes qui ont tué une enfant de 3 ans et blessé six autres Palestiniens.

Un policier israélien a également été poignardé lundi par un Palestinien, au nord de Ramallah, en Cisjordanie occupée.

"Les attaques terroristes des derniers jours contre des Israéliens sont le résultat direct de l'incitation à la haine diffusée dans la presse et dans les écoles palestiniennes", a affirmé M. Netanyahu dans un communiqué.

Il s'est dit "déçu que le président Abbas n'ait pas encore condamné les actes récents de terrorisme comme on devrait s'y attendre de la part d'un partenaire de négociations pour la paix".

Mahmoud Abbas gouverne les zones autonomes de Cisjordanie, mais pas la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas depuis 2007.

Le Premier ministre israélien a assumé le bilan des frappes aériennes, de chars et d'infanterie sur Gaza. "Je ne conseille à personne de nous tester. Ceux qui l'ont fait l'ont payé, ceux qui le feront le paieront", a-t-il écrit mardi soir sur sa page Facebook.

L'organisation israélienne de défense des droits de l'Homme B'Tselem a pour sa part mis en cause les tirs d'obus de char qui ont tué mardi après-midi une enfant de 3 ans, Hala Abou Sabikha, et blessé plusieurs membres de sa famille.

"Leur maison est située dans une zone agricole du camp de réfugiés de Maghazai, à environ 500 mètres de la barrière frontalière", précise B'Tselem, qui s'interroge sur la raison pour laquelle elle a été visée.

"Le communiqué du porte-parole de l'armée israélienne n'énonce pas la cible de la frappe, en dehors d'une référence laconique à l'attaque dans le centre de la bande de Gaza comme visant +le foyer d'une activité terroriste et d'une infrastructure terroriste+", souligne l'ONG, qui demande à l'armée d'ouvrir une enquête.

"Tirer délibérément sur une maison occupée par des civils, sans avoir averti les habitants et sans que l'armée s'assure que les civils ont quitté les lieux, est illicite", souligne B'Tselem.

Les représailles ont notamment visé "une fabrique d'armes dans le sud de la bande de Gaza", ainsi qu'un "lance-roquettes dissimulé dans le nord" du territoire, selon l'armée israélienne.

Israël a annoncé mercredi avoir installé une batterie anti-missiles à Sderot, une ville israélienne proche de la bande de Gaza, cible régulière des tirs de roquettes palestiniennes.

Au total, 30 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes en 2013, dont au moins deux tiers de "civils non affiliés à un groupe armé", selon les statistiques de l'ONU, incluant un travailleur palestinien en situation irrégulière tué par un garde-frontière en Israël le 30 novembre.

Depuis le début de l'année, six Israéliens, trois militaires et trois civils, ont été tués par des Palestiniens, selon la même source.

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