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Ukraine : une journaliste et militante battue par des inconnus

25/12/2013 07:39 EST | Actualisé 24/02/2014 05:12 EST

Une journaliste et militante au sein de l'opposition ukrainienne a été violemment battue mercredi près de Kiev. L'agression a fait exploser la colère de manifestants qui demandent le départ du président Viktor Ianoukovitch. De leur côté, Américains et Européens ont condamné les violences à l'égard des militants de l'opposition ukrainienne.

Tetiana Tchornovil a été attaquée alors qu'elle rentrait chez elle en voiture. Son véhicule a été encerclé. Elle a été battue par plusieurs hommes alors qu'elle tentait de s'enfuir. Elle aurait subi une commotion cérébrale ainsi que des fractures au nez et au visage.

La journaliste de 34 ans a écrit plusieurs articles très critiques au sujet du président Viktor Ianoukovitch et de son gouvernement.

Elle venait d'ailleurs de publier un texte au sujet d'une luxueuse demeure qui aurait été construite pour le ministre de l'Intérieur, Vitali Zakharchenko. Son texte, intitulé Le bourreau vit ici, montrait de nombreuses photos de la résidence.

Mme Tchornovil est également une figure importante des manifestations antigouvernementales qui ont lieu à Kiev depuis plus d'un mois. Elle s'était présentée aux élections législatives l'an dernier, mais n'avait pas été élue.

Cette attaque fait suite à plusieurs autres évènements visant des manifestants antigouvernementaux. En quelques jours, deux membres d'une organisation de l'opposition ont été arrêtés, un troisième a été battu et un quatrième a été visé par des tirs.

Colère chez les manifestants

L'attaque a provoqué un tollé en Ukraine. Des centaines de journalistes et de militants de l'opposition ont manifesté devant les bureaux du ministre de l'Intérieur.

Celui-ci est accusé par l'opposition d'être responsable de la répression d'une manifestation qui a fait plusieurs blessés, le 30 novembre dernier.

« Nous ne laisserons pas [le président] Ianoukovitch faire une campagne de terreur contre les militants », a indiqué Andrii Paroubiï, responsable du camp de tentes érigé sur la place de l'Indépendance, dans le centre de Kiev.

Pour sa part, l'ex-première ministre et opposante emprisonnée Ioulia Timochenko s'est dite révoltée par « cette agression sauvage ». Elle a accusé Viktor Ianoukovitch d'en être responsable.

« Il faut que ce soit la dernière manifestation de cruauté à l'égard du peuple ukrainien que vous ayez autorisée par votre inaction », a-t-elle déclaré en s'adressant au président.

L'opposition organisera une nouvelle manifestation dimanche.

Le président ukrainien a pour sa part déploré l'attaque et a demandé une enquête. Le gouvernement affirme que deux suspects ont été arrêtés.

Les États-Unis et l'Europe dénoncent la violence

De leur côté, les États-Unis ont réagi en qualifiant de « violences inacceptables » les plus récentes attaques contre des militants de l'opposition. « Nous condamnons les agressions et appelons à une enquête immédiate », a affirmé l'ambassade américaine à Kiev.

« Il faut arrêter l'intimidation et les violences envers les militants d'EuroMaïdan [nom donné aux actions de protestation] », a pour sa part écrit sur son compte Twitter Linas Linkevicius, chef de la diplomatie lituanienne. La Lituanie assure présentement la présidence de l'Union européenne.

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