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Chine: 6 femmes parmi les 16 personnes tuées au Xinjiang (organisation ouïghour)

24/12/2013 12:48 EST | Actualisé 22/02/2014 05:12 EST

Six femmes de la minorité musulmane ouïghour figurent parmi les seize personnes tuées la semaine dernière au Xinjiang dans une opération de police, a affirmé une organisation en exil de défense des Ouïghours, contredisant la version des autorités chinoises.

Lors de cette opération le 17 décembre, les policiers armés ont fait irruption dans une maison où avait lieu une réunion de famille, a assuré le Congrès mondial ouïghour, basé à Munich en Allemagne --une information également rapportée par Radio Free Asia, média financé par le gouvernement américain.

Selon la presse officielle chinoise, les policiers, attaqués par des "malfrats" armés d'explosifs et de couteaux, avaient tué par balle quatorze de leurs assaillants, tandis que deux membres des forces de l'ordre trouvaient la mort dans la confrontation.

Comme dans la plupart des violences survenant dans la région chinoise du Xinjiang --dont les Ouïghours, musulmans turcophones, constituent la première ethnie--, Pékin avait imputé l'incident à des "terroristes", assurant que ces derniers promouvaient des idées extrémistes et fabriquaient des bombes.

Une version réfutée par le porte-parole du Congrès mondial ouïghour, Alim Seytoff, qui cite les témoignages de deux habitants de Saybagh, où s'est déroulé l'incident.

"C'était le massacre d'une famille qui s'était rassemblée pour préparer le mariage à venir d'un de leurs enfants", a-t-il affirmé dans une déclaration envoyée par email.

Selon Radio Free Asia, qui rapporte les propos d'un des habitants du voisinage, le chef de la police locale "a provoqué l'incident en soulevant le voile que portait l'une des femmes dans la maison" lors de la descente des forces de l'ordre.

Outre les deux policiers tués, les 14 personnes tuées dans la confrontation étaient toutes ouïghours.

Le Xinjiang est régulièrement secoué par des troubles en raison des fortes tensions entre Han (ethnie majoritaire en Chine) et Ouïghours. Ces derniers se disent victimes d'une politique répressive à l'encontre de leur religion, leur langue et leur culture.

Une vague de violences sans précédent avait notamment secoué la capitale régionale Urumqi en 2009, faisant environ 200 morts et 1.600 blessés.

Le 28 octobre dernier, Pékin a par ailleurs été le théâtre, selon la police, d'un attentat perpétré par des extrémistes venus du Xinjiang.

Selon la thèse officielle, trois Ouïghours d'une même famille avaient précipité leur voiture chargée de bidons d'essence contre l'entrée de la Cité interdite, dans une attaque-suicide qui avait fait également deux morts et 40 blessés.

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