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Syrie: l'opposition n'ira pas à Genève si les raids sur Alep continuent

23/12/2013 12:57 EST | Actualisé 22/02/2014 05:12 EST

La Coalition de l'opposition syrienne a prévenu lundi qu'elle ne participerait pas à la conférence de paix prévue en janvier en Suisse si les raids de l'armée syrienne sur Alep (nord) se poursuivaient.

"Si les raids du régime de (Bachar al-) Assad et ses tentatives d'anéantir le peuple syrien se poursuivent, alors la coalition ne se rendra pas à Genève", a déclaré dans un communiqué le secrétaire général de la coalition, Badr Jamous.

Le président de la coalition Ahmad Jarba a téléphoné aux ministres français et britannique des Affaires étrangères William Hague et Laurent Fabius pour leur faire état "des attaques quotidiennes menées par le régime d'Assad qui utilise des avions de combat et des barils d'explosifs faisant des dizaines de victimes", a-t-il ajouté.

"Si les pays (étrangers) ne peuvent pas faire pression sur le régime pour qu'il arrête ses opérations de destructions (...), comment peuvent-ils faire pression sur le régime à Genève-2 pour obtenir une solution politique ?", a-t-il poursuivi.

La commission générale de la coalition va prendre une décision quant à sa participation à Genève-2 lors d'une réunion le 4 janvier, selon lui.

Les raids de l'armée de l'air contre des secteurs rebelles à Alep ont fait en huit jours 300 morts, dont 87 enfants, a indiqué lundi matin l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

De plus, au moins 30 personnes, dont 12 enfants et deux femmes, ont été tuées lundi lors du largage de barils remplis de TNT contre les quartiers rebelles de Marjé et Soukkari, dans le sud-est d'Alep, a ajouté l'OSDH dans la soirée.

Des représentants du régime et de l'opposition sont invités à participer le 22 janvier en Suisse à une conférence internationale pour tenter de trouver une solution politique susceptible de mettre fin à la guerre civile en Syrie, qui a fait plus de 126.000 morts selon l'OSDH et des millions de réfugiés et déplacés selon l'ONU.

Ces dernières semaines, Damas n'a eu de cesse de répéter qu'il ne fallait pas attendre à Genève une remise des clés du pouvoir à l'opposition.

M. Jarba a estimé qu'il était "honteux que d'un côté la communauté internationale prenne des mesures contre les armes chimiques et que de l'autre elle laisse le régime tuer le peuple syrien avec des armes conventionnelles (...) de manière quotidienne".

Il faisait allusion à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU en septembre qui prévoit la destruction de l'arsenal chimique syrien avant la mi-2014. Cette décision a éloigné la menace des frappes américaines contre le régime syrien, après une attaque chimique menée le 21 août près de Damas et attribuée aux forces syriennes par l'Occident et l'opposition.

M. Jarba a encore appelé la communauté internationale à des décisions "immédiates" pour faire cesser les attaques du régime.

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