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Syrie: 330 morts en huit jours de raids sur Alep à un mois de "Genève-2"

23/12/2013 03:03 EST | Actualisé 22/02/2014 05:12 EST

L'opposition syrienne a prévenu lundi qu'elle ne participerait pas à la conférence de paix en janvier si l'armée poursuivait ses raids sur Alep, qui ont fait selon une ONG plus de 330 morts, dont une centaine d'enfants, depuis le 15 décembre.

Si les "tentatives d'anéantir le peuple syrien se poursuivent, alors la coalition ne se rendra pas à Genève", a déclaré dans un communiqué le secrétaire général de la Coalition nationale de l'opposition, Badr Jamous.

"Si les pays (étrangers) ne peuvent pas faire pression sur le régime pour qu'il arrête ses opérations de destruction (...), comment peuvent-ils faire pression sur le régime à Genève-2 pour obtenir une solution politique ?", a-t-il poursuivi.

Pour la seule journée de lundi, au moins 30 personnes, dont 12 enfants et deux femmes, ont été tuées lors du largage de barils remplis de TNT contre les quartiers rebelles de Marjé et Soukkari, dans le sud-est d'Alep, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Pour les huit jours précédents, l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de sources civiles, médicales et militaires à travers le pays, avait recensé 301 morts, "dont 87 enfants, 30 femmes et 30 rebelles".

La Maison Blanche a condamné lundi les attaques des forces gouvernementales sur la ville d'Alep et appelé Damas à protéger les populations civiles.

Cette offensive meurtrière intervient alors que le régime de Bachar al-Assad engrange depuis plusieurs semaines des succès militaires et profite du silence international, selon des experts.

Une source de sécurité à Damas a indiqué à l'AFP que le recours de l'armée aux raids aériens dans la province d'Alep visait à appuyer ses effectifs limités au sol, et que les lourds bilans venaient du fait que les positions rebelles se trouvaient au milieu de civils.

Dimanche, des militants à Alep ont diffusé une vidéo montrant des enfants en état de choc, couverts de sang et de poussière, fuyant une école visée selon eux par les bombardements à Marea, une localité rebelle de la province d'Alep.

L'opposition et des ONG accusent les forces du régime de larguer des "barils d'explosifs" remplis de TNT sur ces zones rebelles pour briser le moral de la population et la monter contre les insurgés.

Si officiellement le régime ne reconnaît pas le recours à ces barils, une source de sécurité a affirmé à l'AFP que cette technique était moins coûteuse que des missiles.

'Plus de lignes rouges'

Alep, un des principaux fronts du conflit qui ravage le pays depuis plus de deux ans et demi, est divisée depuis l'été 2012 entre secteurs rebelles et zones tenues par le régime, et l'opposition réclame en vain l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne.

Depuis le début en mars 2011 d'une révolte pacifique qui a ensuite dégénéré en conflit, le régime affirme combattre des "terroristes" financés par l'étranger.

"Le pays fait face à une pensée takfirie (terme désignant l'extrémisme musulman). Il s'agit d'un terrorisme sans limite, d'un fléau international qui pourrait frapper n'importe où et n'importe quand", a ainsi martelé M. Assad lundi, selon l'agence officielle Sana.

Selon la source de sécurité à Damas, "l'aviation vise des positions très précises des hommes armés, qui se trouvent volontairement au milieu des zones civiles".

L'armée n'a pas les moyens de lancer une offensive terrestre dans la région d'Alep, contrairement à ce qui se passe dans d'autres régions comme la province de Damas, où elle a pu bénéficier de l'appui du Hezbollah chiite libanais, expert en guérilla urbaine, a précisé cette source.

Selon Salman Shaikh, directeur du Brookings Doha Center, le régime mène son offensive sans être vraiment inquiet d'une éventuelle réaction de la communauté internationale.

"Il n'y a plus de lignes rouges, il y a désormais un feu vert", a-t-il affirmé à l'AFP.

Le président américain Barack Obama avait établi l'année dernière une "ligne rouge" concernant l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, mais en août, les Etats-Unis ont renoncé à des frappes contre le pouvoir à Damas à la suite d'une attaque chimique dévastatrice dont ils ont accusé le régime.

"Le régime bombarde parce qu'il peut se le permettre. Personne ne l'arrête", a-t-il souligné.

A New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé lundi qu'il lancerait avant fin décembre les invitations formelles à la conférence de paix qui doit s'ouvrir le 22 janvier à Montreux (Suisse) et a plaidé une nouvelle fois pour une participation de l'Iran, à laquelle s'opposent les Etats-Unis.

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