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Egypte: Washington dénonce un climat de plus en plus liberticide

23/12/2013 07:08 EST | Actualisé 22/02/2014 05:12 EST

La diplomatie américaine a dénoncé lundi un climat de plus en plus liberticide en Egypte, au lendemain de la condamnation de trois militants laïques qui avaient défilé contre une loi controversée limitant le droit de manifester.

"Les Etats-Unis sont profondément inquiets de la dégradation du climat relatif aux libertés de rassemblement et d'expression en Egypte", a écrit dans un communiqué la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki.

"La mise en oeuvre d'une loi égyptienne restreignant le droit de manifester a entraîné une augmentation des interpellations, mises en détention et poursuites contre des personnalités de l'opposition, des militants des droits de l'homme et des manifestants pacifiques", a fustigé Mme Psaki.

Le département d'Etat avait déjà critiqué fin novembre cette nouvelle législation "pas conforme aux normes internationales". Il a accusé lundi le régime du Caire d'"adresser à la société civile dans son ensemble un message qui fait froid dans le dos".

Jugés pour avoir défilé contre cette loi limitant le droit de manifester, trois militants laïques actifs lors de la révolte qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir en février 2011 ont été condamnés dimanche à trois ans de prison.

C'est la première fois qu'un tribunal condamne des manifestants non islamistes depuis que l'armée a destitué et arrêté le président islamiste Mohamed Morsi, le 3 juillet, et que le gouvernement intérimaire réprime implacablement tout rassemblement de ses partisans.

Ces condamnations "devraient être réexaminées", a réclamé Mme Psaki, car elles "ne contribuent pas à une meilleure atmosphère électorale et au processus de transition protégeant les droits universels de tous les Egyptiens".

Washington demande depuis des mois au Caire d'oeuvrer au retour d'un régime démocratique, notamment à l'occasion du référendum sur une nouvelle Constitution programmé les 14 et 15 janvier 2014.

Les Etats-Unis condamnent aussi régulièrement depuis six mois le tour de vis sécuritaire et la répression des pro-Morsi et ont gelé en octobre une partie de leur aide de 1,55 milliard de dollars par an, dont 1,3 milliard pour l'armée.

Mais les Américains n'ont jamais parlé de "coup d'Etat" pour l'éviction de M. Morsi et le secrétaire d'Etat John Kerry a même déclaré en août que l'armée l'avait renversé pour "sauver la démocratie". Il a aussi accusé les Frères musulmans d'avoir "volé" la révolution de 2011.

Depuis plus de trois décennies, les Etats-Unis considèrent l'Egypte comme une très proche alliée du monde arabe.

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