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Raul Castro met les entrepreneurs de Cuba en garde contre l'audace économique

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RAUL CASTRO
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LA HAVANE, Cuba - Le président cubain Raul Castro a lancé un sévère avertissement aux entrepreneurs désirant repousser les limites de la réforme économique nationale, déclarant samedi au Parlement que «ceux faisant pression pour aller plus vite se dirigeaient vers un échec».

M. Castro a légalisé les petites entreprises privées dans près de 200 domaines depuis 2010, mais a resserré les restrictions sur celles vues comme allant trop loin ou faisant trop concurrence aux entreprises d'État. Au cours des derniers mois, le gouvernement a interdit la revente des matériaux de construction et des vêtements importés, en plus de s'en prendre aux salles de cinéma et aux salons de jeux vidéo privés.

M. Castro a mis tout son poids politique derrière ces réformes dans un discours lors de l'assemblée bisannuelle de la législature communiste, affirmant que «toutes les étapes franchies devaient être accompagnées par la mise en place d'un sentiment d'ordre».

«Les contrôles inadéquats des institutions gouvernementales face aux activités illégales par des entrepreneurs privés n'ont pas été corrigés dans un délai acceptable, créant un environnement d'impunité et stimulant la croissance accélérée d'activités n'ayant jamais été autorisées pour certaines occupations», a dit M. Castro.

Le président a également déclaré aux députés que Cuba désirait améliorer ses relations avec les États-Unis, mais n'accepterait pas les demandes en faveur de changements structurels au sein du gouvernement ou de l'économie, disant que l'État cubain ne posait pas de telles conditions à Washington, et qu'il n'était donc pas question de négocier sur le fonctionnement de son propre gouvernement.

Selon le président Castro, il sera nécessaire de «respecter les différences» entre les deux pays.

«Sinon, nous serons prêts à vivre 55 prochaines années dans la même situation», a-t-il avisé.

Cuba blâme l'embargo américain pour l'étranglement de son économie, mais le gouvernement Castro a également reconnu la nécessité de réformer l'économie étatique avec une ouverture graduelle à l'entreprise privée. Plusieurs Cubains ont profité de ces opportunités pour gagner plus d'argent avec leurs propres compagnies, mais ces nouveaux entrepreneurs et des experts étrangers se plaignent du fait que le gouvernement envoie des messages divergents à propos de son ouverture à l'entreprise privée.

M. Castro a semblé justifier l'ensemble des récentes décisions de serrer la vis aux entreprises privées.

«Nous n'ignorons pas le fait que ceux faisant pression pour aller de l'avant nous amènent vers l'échec, vers l'absence d'unité, et sapent la confiance de la population envers la construction du socialisme et l'indépendance et la souveraineté de Cuba.»

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