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Quatre sites d'injections supervisées ouvriront leurs portes à Montréal

11/12/2013 08:59 EST
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Montréal accueillera bientôt quatre centres d'injections supervisées pour les utilisateurs de drogues injectables. Ces services se traduiront par des coûts récurrents de 2,7 millions $, mais le système de santé en sortira gagnant, assure la Direction de la santé publique.

Il faudra aussi allonger 3,2 millions $ pour lancer le service, procéder à l'achat d'équipement et aménager les sites désignés.

Le directeur de la santé publique de Montréal, Richard Massé, soutient que tout aussi coûteuse que puisse paraître l'aventure, la qualité de vie des citoyens qui vivent à proximité de ces sites, tout comme celle des utilisateurs de drogues injectables, en sera améliorée.

Le docteur Massé affirme que si l'on tient compte des complications associées à l'injection, comme l'hépatite C, le VIH ou les risques de surdose, sans compter les risques de contamination associés aux seringues souillées laissées dans l'environnement, les coûts sociaux épargnés surpassent les coûts du service d'injection supervisée.

Il avance même que selon une étude commandée par la santé publique, après quatre ans, ces services seront rentables.

Ces centres d'injections, souvent présentés comme des piqueries légales, étaient attendus depuis déjà quelques années. L'idée n'est pas nouvelle et déjà deux autres centres du même genre existent au Canada, à Vancouver.

«On gagne davantage avec ces services qu'en laissant les gens avec leurs problèmes de santé, sans compter les coûts sociaux pour la population qui vit à proximité», a indiqué le docteur Massé.

Le réseau de santé s'appuiera sur des organismes communautaires qui oeuvrent déjà avec les clientèles ciblées. Trois centres permanents avec un service d'accueil, une salle d'injection supervisée par une infirmière seront aménagés. Un autre centre, mobile cette fois, sera lancé pour tenter de rejoindre les gens là où ils sont.

Le docteur Massé assure que les injections ne seront pas données par le personnel médical et qu'aucune drogue ne sera évidemment fournie sur place. Les ressources agiront en assistance, mais aussi en dépistage pour réagir rapidement en cas de surdose ou de complication. Une salle de repos sera aménagée, de sorte que si quelque chose devait survenir, ces personnes utilisatrices seront prises en charge.

La santé publique ajoute qu'il ne s'agira pas d'une chasse aux sorcières, mais elle n'exclut pas que certains utilisateurs de drogues injectables qui fréquenteront ces sites pourront éventuellement recevoir des services de santé ou de désintoxication lorsqu'ils seront prêts à faire ce pas.