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Américains et Chinois ne se font pas confiance mais ne sont pas ennemis (étude)

11/12/2013 03:33 EST | Actualisé 10/02/2014 05:12 EST

Les Chinois et les Américains se méfient grandement les uns des autres, mais seule une minorité dans chacun des pays va jusqu'à considérer l'autre comme un ennemi, selon une étude américaine qui sera publiée jeudi.

La majorité de l'élite chinoise décrit les relations entre les deux plus grandes économies mondiales comme cordiales, malgré de fréquents désaccords.

Les résultats de cette étude, menée auprès des élites américaine et chinoise et auprès des Américains et Chinois moyens, "ne reflètent pas du tout la vision communément véhiculée par les Chinois envers les Etats-Unis", a expliqué Michael Swaine, auteur de l'étude commandée par la fondation américaine Carnegie.

"Cela ne confirme pas les vues des internautes chinois, qui sont généralement bellicistes et plutôt parfois grandiloquentes sur ce que devrait être l'attitude de la Chine envers l'Amérique", a-t-il ajouté.

Une grande majorité, parmi les deux pays, estime que l'autre pays n'est pas digne de confiance. La plupart des élites chinoises et américaines, ainsi que 45% des Chinois moyens, voient l'autre pays comme un concurrent.

Mais seulement 15% des Américains moyens et 12% de leurs homologues chinois se considèrent mutuellement comme des ennemis.

Environ 27% de la fleur de la société chinoise estiment que les Etats-Unis sont un pays ennemi, contre seulement 2% des élites américaines. Cette différence s'expliquerait par le fait que de nombreux responsables locaux chinois ont peu de contact avec l'étranger, explique Michael Swaine.

"Il y a un haut niveau de défiance parmi les élites et les masses des deux pays. Cependant, il y a aussi une forte conscience de la nécessité pour les deux pays d'améliorer leurs relations et de coopérer de manière plus étroite", a encore expliqué M. Swaine.

L'étude a été réalisée en Chine auprès de 2.597 Chinois moyens et 358 élites entre mai et juillet 2012. Aux Etats-Unis, elle a été conduite entre mars et mai 2012 auprès de 1.004 Américains moyens et 305 membres de l'élite américaine (parmi laquelle on compte des responsables gouvernementaux, des officiers de l'armée à la retraite, des dirigeants d'entreprises, des journalistes ou encore des universitaires).

L'enquête a été réalisée avant les révélations d'Edward Snowden, l'ancien consultant de l'Agence américaine des interceptions (NSA), qui a mis au jour des attaques informatiques américaines à l'encontre d'installations chinoises, envenimant encore davantage les relations entre les deux pays.

sct/rap/are

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