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Abus coloniaux au Kenya: Londres favorable à la construction d'un mémorial

11/12/2013 04:01 EST | Actualisé 10/02/2014 05:12 EST

La Grande-Bretagne soutient la construction d'un mémorial pour les victimes de la révolte Mau Mau contre l'autorité coloniale au Kenya , a déclaré mercredi un ministre britannique à Nairobi.

Cette annonce survient à la veille du cinquantenaire de l'indépendance du Kenya du colon britannique, dont les célébrations auront lieu jeudi.

La révolte Mau Mau de 1952-1960 contre le régime colonial, brutalement réprimée, a fait plus de 10.000 morts, certains rapports suggérant toutefois un chiffre beaucoup plus élevé.

Et des dizaines de milliers de personnes, dont le grand-père du président américain Barack Obama, ont été détenues dans les camps britanniques dans des conditions difficiles.

Le ministre britannique pour l'Afrique Mark Simmonds, qui se trouve au Kenya pour assister aux célébrations de l'indépendance jeudi, a lancé un concours invitant les Kenyans à concevoir un monument pour ces victimes, en collaboration notamment avec la Mau Mau War Veterans Association et d'autres partenaires.

"Les Kényans ont été victimes de tortures et d'autres mauvais traitements par l'administration coloniale, et nous avons exprimé nos sincères regrets", a déclaré M. Simmonds.

Pendant le soulèvement Mau Mau, des dizaines de milliers de Kenyans ont enduré des mauvais traitements, dont des mutilations sexuelles, alors même que beaucoup d'entre eux n'avaient pas de lien avec l'insurrection Mau Mau.

"Le mémorial Mau Mau va rendre hommage à tous ceux qui ont été victimes de la torture, ont souffert et ont soutenu le mouvement Mau Mau," a déclaré dans un communiqué la Commission des droits de l'homme du Kenya, qui participe au projet de mémorial.

Ce mémorial devra "symboliser la réconciliation entre les Mau Mau et le gouvernement britannique", précise le communiqué.

En juin, la Grande-Bretagne a annoncé l'indemnisation de plus de 5.200 Kenyans âgés maltraités et torturés pendant la révolte.

L'accord, à hauteur de 19,9 millions de livres (23,5 millions d'euros), survient après une bataille juridique de quatre ans au cours de laquelle la Grande-Bretagne a nié la responsabilité légale des abus commis - ce qui demeure la position britannique - affirmant qu'elle aurait été transmise au gouvernement kényan après l'indépendance en 1963.

Les combattants Mau Mau - souvent coiffés de dreadlocks et vêtus de peaux d'animaux - , disputaient des terres précieuses aux colons blancs et les terrorisaient à partir de bases situées au fond des forêts.

Alors que l'attention s'est focalisée sur les 32 colons blancs assassinés pendant la révolte, le nombre de victimes kényanes indigènes est cependant beaucoup plus élevé.

Cette révolte des Mau Mau, désormais considérée comme un épisode clé dans le chemin du Kenya vers l'indépendance, a cependant divisé les communautés, certains ayant décidé de se joindre aux combattants, d'autres aux colons.

mom-pjm/afp/sba

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