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Le Squat Basse-Ville fermera pour les Fêtes

10/12/2013 02:21 EST | Actualisé 08/02/2014 05:12 EST

Quelques mois après avoir fait les manchettes en raison de problèmes de financement, le Squat Basse-Ville sonne à nouveau l'alarme. L'organisme d'aide aux jeunes fugueurs devra fermer ses portes pour la première fois durant la période des Fêtes, faute d'argent.

Le Squat Basse-Ville sera fermé du 21 décembre au 5 janvier. L'organisme n'a pas les moyens d'embaucher du personnel en remplacement des employés en vacances. Il aurait besoin d'environ 5000 $.

La directrice, Louise Fortin, s'est tournée vers le ministère de la Santé et des Services sociaux, sans succès. « La ministre (Véronique) Hivon est au courant. Je lui ai envoyé une correspondance en lui disant que, malheureusement, dû à un manque de moyens financiers, nous devrons fermer pendant deux semaines. C'est resté lettre morte. »

Le refuge du quartier Saint-Roch dit accueillir en moyenne une vingtaine de jeunes durant les Fêtes. Une période particulièrement difficile en raison des abus d'alcool pour certains ou des visites dans la famille qui se passent mal pour d'autres jeunes hébergés dans un centre jeunesse.

« La féérie de Noël, ils ne l'ont pas. Ils se rendent compte que même durant cette période, c'est difficile avec le parent », explique-t-elle.

Le Service de police de Québec a été mis au courant de la situation et se tournera vers d'autres ressources. « Les policiers vont s'assurer de prendre en charge tous les fugueurs pour les diriger vers les organismes adéquats », indique le porte-parole Pierre Poirier.

L'hiver dernier, le Squat Basse-Ville a interpellé la Ville et l'Agence de la santé pour réclamer 132 000 $ de plus par an. À la suite d'une saga très médiatisée, l'organisme a obtenu 39 000 $ de l'Agence pour combler son déficit et a dû se résoudre à réduire ses services.

Auparavant ouvert 7 jours sur 7, jour et nuit, le Squat offre maintenant des services du lundi au vendredi de 16 h à 10 h le lendemain matin.

« Je suis très en colère contre le ministère, je suis en colère contre madame Hivon qui est supposée être la ministre déléguée de la Protection de la jeunesse et, pour quelques milliers de dollars, va laisser ces enfants dans la rue », soutient Louise Fortin.

D'autres organismes en difficulté

Les nouvelles difficultés financières du Squat ne surprennent pas la directrice du Regroupement des organismes communautaires de la région de la Capitale-Nationale, qui reconnaît néanmoins les efforts du gouvernement Marois.

« N'ayant toujours pas une augmentation du financement récurrent, c'est clair qu'il patauge et continue de vivre en bas du minimum », indique Vicky Brazeau.

Toutefois, le gouvernement Marois a annoncé à la fin d'octobre 162 millions de dollars sur trois ans pour les quelque 5000 groupes communautaires du Québec qui crient à l'aide depuis des mois. « Une annonce historique » estime Vicky Brazeau. « Il y a une réaction très positive du gouvernement en place, mais nous sommes très réalistes, les besoins sont criants. »

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