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Le Canada espionne à l'étranger pour le compte des États-Unis

10/12/2013 09:11 EST | Actualisé 09/02/2014 05:12 EST

Un document obtenu par le réseau anglais de Radio-Canada montre que le Canada mène des opérations d'espionnage à l'étranger pour le compte des États-Unis.

Les révélations sont tirées des informations divulguées par l'ex-consultant de l'Agence de la sécurité nationale américaine, Edward Snowden, aujourd'hui exilé en Russie.

Les documents mentionnent des pays  où le Canada mène des opérations de surveillance pour le compte des États-Unis, car Ottawa a, dans ces pays, un meilleur accès que Washington. 

Selon le document américain, classé ultra-secret et obtenu par la CBC, les liens entre le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC) et l'Agence nationale de sécurité des États-Unis, la NSA, vont bien au-delà du simple partage d'informations.

« Le CSTC, peut-on y lire, offre des ressources et a ouvert des sites (de surveillance) clandestins à la demande de la NSA. »

La bonne réputation du Canada à l'étranger fait en sorte que ses ambassades, ses consulats et d'autres représentations diplomatiques sont souvent bien situés et, surtout, moins surveillés que ceux des États-Unis.

« La NSA et le CSTC coopèrent en ciblant une vingtaine de pays hautement prioritaires », peut-on lire dans le document. Certains de ces pays sont des partenaires commerciaux du Canada. 

Cela donne au Canada un excellent accès à certaines sources de renseignements, alléchantes pour les alliés.

Un ancien responsable de la NSA, Thomas Drake, affirme qu'il n'y a rien de surprenant dans le fait que le Canada acquiesce aux demandes de l'agence américaine. « C'est le cas depuis des années, affirme M. Drake. Il n'y a qu'à penser à certaines ententes, ou à certaines relations, maintenues par Ottawa à l'étranger et dont les États-Unis ne disposent pas. Par ces ententes et ces relations, devinez ce qui peut être mené? Des opérations de surveillance ou de cueillette de données. »

Thomas Drake affirme qu'il a travaillé avec le CSTC pour divers projets, du temps où il faisait partie de la NSA, et qu'il a pu constater à quel point les Canadiens étaient « extraordinairement aptes ».

Toujours selon le document, la NSA et le CSTC coopèrent en ciblant une vingtaine de pays hautement prioritaires, dont certains sont des partenaires commerciaux du Canada. Pour ne pas compromettre les opérations et la sécurité des diplomates canadiens à l'étranger, Radio-Canada a choisi de ne pas mentionner les pays cités dans la note de service.

La note précise aussi que les deux agences collaborent depuis 1949 et qu'elles souhaitent renforcer et étendre les liens, dans l'avenir.

D'après le reportage de Daniel Thibeault 

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