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Ukraine : le président tiendra une table ronde nationale

09/12/2013 07:35 EST | Actualisé 08/02/2014 05:12 EST

À Kiev, les forces anti-émeutes ont repoussé les manifestants qui bloquaient des accès cruciaux aux immeubles gouvernementaux, lundi, alors qu'au plan politique perce une perpective de compromis dans cette crise qui secoue l'Ukraine depuis le 21 novembre.

L'intervention policière s'est déroulée sans heurt dans la capitale. Des centaines de personnes avaient bravé d'importantes chutes de neige pour manifester leur soutien à l'Europe.

La lueur de compromis est apparue lorsque le président Viktor Ianoukovitch a accepté de s'asseoir avec les chefs de file de l'opposition.

En effet, le président ukrainien tiendra mardi une table ronde nationale avec Léonid Kravtchouk, qui fut le premier président de l'Ukraine indépendante, Léonid Koutchma, dont M. Ianoukovitch a été le premier ministre, et Viktor Iouchtchenko, qui était sorti vainqueur de la révolution orange de 2004.

Ces trois ex-présidents soutiennent le mouvement de protestation qui a mené à d'intenses manifestations, notamment dans les rues de Kiev. Dimanche, quelque 300 000 personnes avaient manifesté à Kiev pendant que des dizaines d'autres milliers faisaient de même, dans d'autres villes de ce pays de 46 millions d'habitants.

Rappelons que la colère des protestataires tire son origine du refus de l'actuel président Viktor Ianoukovitch de signer un accord d'association avec l'Union européenne (UE). De l'avis des opposants, Kiev entend plutôt favoriser un rapprochement avec l'Union douanière menée par Moscou avec d'ex-républiques soviétiques.

Mardi, la tenue de la table ronde nationale coïncidera avec l'arrivée à Kiev de Catherine Ashton, responsable de la diplomatie au sein de l'Union européenne. La mission de Mme Ashton n'est pas une « médiation formelle », affirment les responsables de l'UE, qui entendent laisser aux forces politiques ukrainiennes la responsabilité de trouver une issue à la crise. Une crise qui, selon les analystes, ne peut être en tous points comparée au printemps orange qui avait éclos en 2004 dans une Ukraine déchirée, au fil des années, entre Moscou et l'Occident.

Début décembre, le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, s'était rendu à Kiev, où il a promis d'envoyer deux douzaines d'observateurs électoraux pour les élections partielles prévues d'ici quelques semaines, en Ukraine. Le Canada s'est dit déterminé à aider l'Ukraine à s'engager sur la voie de la démocratie, en dépit du rapprochement initié par Kiev avec la Russie et malgré les récentes violences, en sol ukrainien.

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