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Égypte : première comparution de Mohamed Badie

09/12/2013 03:18 EST | Actualisé 07/02/2014 05:12 EST

Le guide suprême des Frères musulmans égyptiens, Mohamed Badie, a comparu lundi devant un tribunal pour la première fois depuis son arrestation en août, dans le cadre de la vaste campagne de répression menée par les autorités contre la confrérie après le renversement du président Mohamed Morsi.

Mohamed Badie, qui est âgé de 70 ans, est jugé avec d'autres dirigeants des Frères pour des incidents qui avaient éclaté à la mi-juillet en marge de manifestations des partisans du président déchu à l'université du Caire. La prochaine audience a été fixée au 11 février.

Dans la province de Kalioubia, proche du Caire, trois partisans de Mohamed Morsi ont été condamnés à 25 ans de prison chacun pour avoir « attaqué les forces de sécurité, terrorisé les citoyens et endommagé des biens publics et privés » pendant une manifestation pro-Morsi.

Le parquet égyptien a par ailleurs renvoyé devant un tribunal le blogueur Alaa Abdel Fattah, figure de l'opposition libérale, et 24 autres opposants accusés d'avoir enfreint la nouvelle législation sur les manifestations politiques, qui permet au ministère de l'Intérieur de s'opposer à tout rassemblement de plus de dix personnes.

Devant ses juges, le guide des Frères musulmans a rejeté les charges à son encontre, dont celle d'incitation à la violence.

« Pourquoi n'enquêtez-vous pas sur le meurtre de mon fils, et l'incendie de ma maison et des locaux du groupe? », a-t-il lancé à ses juges, par allusion à la mort de son fils de 38 ans dans l'assaut lancé par les forces de l'ordre égyptiennes contre les campements pro-Morsi au Caire à la mi-août.

Mohamed Badie s'exprimait dans une cage réservée aux prévenus. À ses côtés, comparaissaient d'autres cadres dirigeants du mouvement comme Mohamed Beltagi ou Essam El Erian, ou l'ancien ministre des Approvisionnements, Bassem Ouda.

Les accusés ont plusieurs fois perturbé le déroulement de l'audience en scandant des slogans hostiles aux militaires.

Des incidents ont de nouveau éclaté lundi entre les forces de sécurité et des étudiants pro-Morsi de l'université islamique Al Azhar, théâtre de fréquents rassemblements contre le gouvernement soutenu par les militaires.

Trois véhicules de police ont été incendiés et 58 étudiants ont été interpellés, a dit un représentant des autorités.

La plupart des dirigeants des Frères musulmans sont derrière les barreaux. Mohamed Badie devait être déjà jugé en octobre dans une affaire distincte, pour incitation au meurtre lors de troubles qui ont précédé fin juin l'éviction de Mohamed Morsi, mais le procès a été ajourné.

Le président déchu est lui aussi poursuivi pour incitation à la violence, pour des affrontements meurtriers survenus en marge de manifestations en décembre 2012. Son procès, qui a débuté le 4 novembre dans l'école de police où a comparu Mohamed Badie, reprendra le 8 janvier.

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