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G20: un policier écope 45 jours en prison en lien avec les manifestations

09/12/2013 01:49 EST | Actualisé 08/02/2014 05:12 EST
PC

BRAMPTON, Ont. - Un policier de Toronto reconnu coupable d'avoir utilisé une force excessive lors de l'arrestation d'un manifestant durant le sommet du G20 a été condamné lundi à une peine de 45 jours de prison.

L'agent Babak Andalib-Goortani avait été reconnu coupable en septembre dernier de voies de fait armées, suite à l'arrestation musclée du manifestant Adam Nobody le 26 juin 2010 devant l'édifice de l'Assemblée législative.

La Couronne avait demandé «une peine d'emprisonnement légère mais ferme», afin d'envoyer le message clair que ceux qui abusent de leur position d'autorité et de la confiance du public «seront fortement sanctionnés».

L'avocat du policier, Harry Black, avait de son côté réclamé une absolution inconditionnelle. Me Black a plaidé que son client avait déjà souffert amplement de cette affaire — il souffre depuis du syndrome de stress post-traumatique, son état psychologique est fragile et son mariage s'est disloqué.

Plus de 1000 personnes ont été détenues par la police durant les manifestations en marge du sommet du G20 à Toronto. La plupart ont été libérées dans les 24 heures, sans être accusées de quoi que ce soit. L'agent Babak Andalib-Goortani était l'un des deux policiers à faire face à des accusations criminelles suite à ces arrestations. Plus tôt cette année, l'agent Glenn Weddell a été acquitté.

La juge Louise Botham a déterminé comme facteur aggravant que le manifestant Adam Nobody était déjà au sol, entouré d'autres policiers, au moment de l'agression. Elle a aussi souligné que le matricule du policier Andalib-Goortani n'était pas visible.

La juge a déterminé qu'Adam Nobody avait résisté minimalement à son arrestation après avoir été agrippé par d'autres agents. Des images vidéo montrent le manifestant au sol, avec des policiers entassés sur lui. Quelques instants avant que l'agent Andalib-Goortani ne livre une deuxième série de coups avec sa matraque, un autre policier est vu en train de donner des coups de genoux au visage du manifestant.

Un groupe de manifestants s'était séparé d'une action pacifique pour casser des vitres et brûler des véhicules de police au centre-ville de Toronto.

Adam Nobody a affirmé que l'incident au G20 avait ébranlé sa confiance envers la police. «Toute votre vie, vous êtes appelé à croire que les policiers sont les bons gars. Parfois, cette croyance se brise, a-t-il expliqué lundi à sa sortie de la salle d'audience. Et une fois que cela éclate, en qui vous portez votre confiance? Si je suis victime d'un vol, qui vais-je appeler?»

Me Black n'a pas commenté la peine imposée lundi mais peu après, Andalib-Goortani a obtenu une libération sous caution de 7500 $ en attendant les procédures en appel.

Selon la Loi sur les services policiers, un agent suspendu en Ontario doit obtenir un salaire jusqu'à ce qu'il soit condamné à une peine de prison. Dans cette éventualité, un chef de police «peut» alors décider de suspendre l'agent sans salaire pendant les procédures en appel.

Mark Pugash, directeur des communications de la police de Toronto, a confirmé lundi que l'agent Andalib-Goortani était désormais suspendu sans salaire.

Les conditions de la libération d'Andalib-Goortani impliquent qu'il se trouve un nouvel emploi s'il est suspendu sans solde.

Après la procédure d'appel, Andalib-Goortani devra se plier aux mécanismes internes de discipline, qui pourraient signifier son exclusion totale des rangs de la police.

Me Black avait laissé entendre durant ses plaidoiries qu'une peine de prison rendrait plus probable une cessation d'emploi pour Andalib-Goortani.