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Du rôle des bagarres

09/12/2013 03:29 EST | Actualisé 07/02/2014 05:12 EST

Avec des clients tels que Brandon Prust, Ryan White, George Parros et Travis Moen qui attendaient les journalistes dans le vestiaire après l'entraînement de lundi, il ne fallait pas chercher longtemps quel serait le sujet de discussion du jour.

Un texte de Guillaume Lefrançois Twitter Courriel

Il a été longuement question de cette agression sauvage perpétrée par l'attaquant des Bruins de Boston Shawn Thornton sur Brooks Orpik. Le défenseur des Penguins a quitté le TD Garden Arena sur une civière. Il souffre d'une commotion cérébrale et son nom a été placé sur la liste des blessés.

Rappelons que même s'il n'a jamais été suspendu auparavant, Thornton a été convoqué en personne par le Département de la sécurité des joueurs de la LNH. Brendan Shanahan pourra donc le suspendre pour plus de cinq matchs s'il juge que c'est nécessaire.

Orpik, lui, avait servi une violente mise en échec à Loui Eriksson dans les minutes qui ont précédé, mais n'a pas été puni et ne sera pas suspendu. Eriksson a subi une commotion cérébrale. Les avis sont partagés quant à la légalité du coup d'Orpik. 

Parros, lui-même un fier-à-bras, a qualifié l'incident d'« œil au beurre noir pour le hockey ».

Le bon vieux code

Ce qui nous amène donc au fameux « code » de la LNH, si souvent cité, mais rarement défini. « Il n'y a pas de code écrit, clair. Le code, tu l'interprètes à ta façon », croit d'ailleurs Parros.

Certains trouveront que Thornton a violé ce code en frappant Orpik, qui n'avait pas l'intention de se battre. D'autres diront aussi qu'Orpik l'a transgressé en refusant de répondre de ses actes.

À lire entre les lignes, Brandon Prust semble privilégier la deuxième option.

« Avec toutes les commotions, les joueurs veulent se protéger davantage. C'est pourquoi il y a de la bagarre, pour qu'on protège nos joueurs. C'est ensuite la décision du joueur de se battre ou de s'éloigner », estime le dur à cuire du CH.

Le réflexe

Ce combat a aussi mis en lumière une pratique en apparence de plus en plus répandue : une mise en échec violente, qu'elle soit légale ou non, est souvent suivie d'une bagarre.

« Le hockey est un sport très émotif, rappelle l'attaquant Lars Eller. Des gens de l'extérieur commentent, mais ils n'ont pas l'adrénaline, ils ne comprennent pas ce qu'on vit sur la glace. Tu prends des décisions en une fraction de seconde et parfois, les émotions prennent le dessus. Que le coup soit légal ou non, tu réponds de la même façon. »

« Même si c'est un coup légal, tu ne veux pas qu'un colosse de l'autre équipe se mette à frapper Tomas Plekanec ou Brian Gionta », a ajouté Prust.

« Si le coup est propre et que notre joueur se fait frapper fort, je vais certainement prendre son numéro en note, a quant à lui répondu Parros. Je vais faire ce que je peux pour éviter que ça se reproduise. Mais tu ne veux pas prendre une punition pour instigateur pour ça. Et tu ne peux pas empêcher tout le monde de se faire frapper. »

Parros a peut-être tenu les propos les plus modérés, mais les joueurs sondés semblent donc souscrire à la théorie que les bagarres agissent comme soupape de sécurité dans un match de hockey. Le commissaire de la LNH, Gary Bettman, avait d'ailleurs défendu cette idée, en novembre, en comparant les bagarres à un thermostat qui aide à faire baisser la tension dans un match.

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