NOUVELLES

Test politique important pour Maduro au Venezuela

08/12/2013 03:31 EST | Actualisé 06/02/2014 05:12 EST

Les Vénézuéliens se rendent aux urnes, aujourd'hui, à l'occasion d'élections municipales en forme de test politique majeur pour le président, Nicolas Maduro, qui tente d'enrayer une spirale économique descendante et de préserver l'héritage de son mentor, Hugo Chavez.

Le résultat de ce scrutin, qui doit désigner 337 maires et 2523 conseillers municipaux, sera observé comme un signe de l'influence de Maduro, neuf mois après la disparition de l'inspirateur de la révolution bolivarienne.

L'opposition, qui a échoué de très peu avec Henrique Capriles à s'emparer du pouvoir lors de la présidentielle d'avril, présente Maduro comme un autocrate caricatural dépourvu des talents politiques de son prédécesseur.

Nicolas Maduro accuse ses adversaires de « trahison » et leur reproche de s'allier avec les États-Unis pour tenter de mettre à bas son pouvoir.

Les opposants affirment que les accusations d'une ingérence étrangère dans les affaires internes du Venezuela sont un écran de fumée derrière lequel Maduro cache un ralentissement de la croissance, une inflation à 54 % par an et un dollar qui atteint, au marché noir, 10 fois le taux de change officiel.

Si les produits de première nécessité sont manquants, explique Nicolas Maduro, cela est la faute des hommes d'affaires liés à l'opposition qui mènent une « guerre économique ».

Employant le même style direct que son inspirateur, Maduro a ordonné aux entreprises de réduire leurs prix, à la grande satisfaction de millions de consommateurs, et a envoyé l'armée pour occuper un grand magasin d'électronique qu'il accusait de gonfler ses tarifs.

Ce dimanche a été déclaré par le gouvernement journée de « loyauté et d'amour » pour Chavez, alors que s'achèvent trois jours de deuil en mémoire de l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela.

Un pays divisé

Cette élection est moins importante que la présidentielle d'avril, que Maduro a remporté face à Capriles, ou que celle d'octobre, qui avait vu le succès de Chavez.

Les maires disposent toutefois de pouvoirs importants dans la vie politique vénézuélienne, car ils perçoivent une part substantielle des revenus du pétrole.

Le pouvoir en place devrait obtenir une majorité de municipalités grâce à sa bonne implantation dans les zones rurales, où se situe la majeure partie des circonscriptions, tandis que l'opposition souhaite s'emparer des grandes villes comme Caracas et Maracaibo.

Les deux camps espèrent remporter la majorité des suffrages exprimés, mais le décompte final des voix pourrait prendre plusieurs jours. Le plus probable est que ce scrutin va confirmer la division en deux du pays vue lors des précédentes élections.

Les investisseurs suivent ces élections avec attention, car elles permettront de dire si Maduro dispose de l'influence suffisante pour imposer des réformes économiques impopulaires, telle qu'une dévaluation de la monnaie nationale afin de soulager les finances publiques plombées par l'inflation.

« Il est clair que l'idée principale est de conserver le pouvoir et que ce n'est pas le développement du pays ou le bien-être des citoyens », a commenté Asdrubal Oliveros, du cabinet d'experts Ecoanalitica, souvent critique à l'égard de la politique gouvernementale.

Les récentes mesures pour plafonner les baux commerciaux, réguler le marché de l'automobile ou relancer les taux d'intérêt pour les petits épargnants ont été largement dénoncées, par les économistes privés, comme étant populistes et peu propices pour résoudre des problèmes structurels résultant de décennies de contrôle des prix et de la monnaie.

PLUS:rc