POLITIQUE

École polytechnique: plusieurs cérémonies pour le 24e anniversaire de la tuerie (VIDÉO)

06/12/2013 04:34 EST | Actualisé 05/02/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Le 24e anniversaire de la tragédie de l'École polytechnique a été souligné, vendredi, notamment à Québec, à Montréal, ainsi qu'au Parlement à Ottawa.

À l'Assemblée nationale, la première ministre Pauline Marois, accompagnée pour l'occasion de la ministre de la Condition féminine, Agnès Maltais, a affirmé que «cette journée est l'occasion de nous rappeler que les événements survenus il y a 24 ans ne sont pas le reflet de nos convictions en tant que Québécois».

«Nous sommes un peuple qui croit en l'égalité, qui croit que les filles et les femmes sont des participantes à part entière de la construction de la société», a poursuivi Mme Marois, qui est devenue l'an dernier la première femme à occuper le poste de premier ministre du Québec.

Mme Marois a également vanté son bilan pour favoriser l'intégration des femmes au sein de la société, entre autres sur le marché du travail, ainsi que sur le plan sécuritaire.

La ministre Maltais a de son côté souhaité que l'on devait «tout mettre en oeuvre pour qu'un tel événement ne se reproduise plus jamais».

«La lutte à la violence envers les femmes est une responsabilité collective. En ce jour, souvenons-nous de cette tragédie comme d'un événement inacceptable aux conséquences encore douloureuses», a indiqué Mme Maltais.

Le 6 décembre 1989, Marc Lépine, lourdement armé, faisait irruption dans les salles de classe de l'école Polytechnique et abattait 14 femmes, en plus de faire plusieurs blessés, avant de retourner l'arme contre lui. Il séparait systématiquement les hommes et les femmes avant d'abattre ces dernières.

Vendredi, des bouquets de roses rouges et blanches ont été déposés au pied d'un mur où une plaque rappelle les noms des 14 victimes de la tuerie.

On dénonce plus rapidement

La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi, croit que la question de la violence envers les femmes a largement progressé au cours des 24 dernières années.

«On dénoncera beaucoup plus rapidement la violence: on s'est organisé tout un système de soutien, d'appuis et de lutte contre toutes les formes de violence», a-t-elle indiqué lors d'une manifestation contre la violence envers les femmes, devant le palais de justice de Montréal.

«L'État a quelque peu répondu, mais la société reste, à mon avis, pas assez mobilisée», avance-t-elle, en expliquant que l'«on a tendance à banaliser l'importance de la violence dans la vie des femmes».

«Il y a encore beaucoup de femmes québécoises qui subissent de la violence, et ce notamment parce que nous nions les inégalités qui minent la vie des femmes. Il faut donc interroger la société sur ce paradoxe. On se dit égalitaires, mais on nie cet aspect de la vie des femmes.

«En ce qui concerne la violence envers les femmes, il faut redoubler d'efforts pour s'y attaquer en profondeur», a-t-elle ajouté, en affirmant que les hommes, les femmes, mais aussi les différents ordres de gouvernements devaient s'impliquer pour lutter contre ce triste phénomène.

Sur la scène fédérale

Dans la capitale fédérale, les députés ont quant à eux observé une minute de silence, avant la période de questions orales.

Aux portes de la Chambre des communes, un bouquet de roses blanches, et une seule rouge, a été déposé en mémoire des 14 jeunes femmes assassinées ce jour-là.

Dans un communiqué, le premier ministre Stephen Harper a rappelé que la violence faite aux femmes et aux jeunes filles est une triste réalité quotidienne, lourde de conséquences pour les gens et les communautés. Il assure que son gouvernement s'efforce d'éliminer la violence dont elles sont victimes.

Des députés ont saisi l'occasion du 6 décembre, qui est aussi désignée comme la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes, pour demander au gouvernement d'en faire plus.

Et cela, notamment, en allouant les fonds nécessaires pour des maisons pour femmes violentées et en déclenchant une commission d'enquête nationale sur le sort des femmes autochtones disparues ou tuées.

Le chef libéral fédéral Justin Trudeau, qui participait à la manifestation à Montréal contre la violence envers les femmes, a indiqué qu'«à tous les 6 décembre, nous devons nous rappeler que la lutte contre la violence envers les femmes [se poursuit encore], et nous devons saluer la disparition de 14 jeunes femmes extraordinaires tuées simplement parce qu'elles étaient des femmes».

M. Trudeau a par ailleurs soutenu que son parti tentait de trouver une solution aux actes violents commis à l'aide d'armes à feu, et qu'il fallait, pour ce faire, tenir compte de «plusieurs perspectives régionales différentes».

«La chose sur laquelle nous nous entendons est l'importance de protéger les gens contre la violence commise à l'aide d'armes à feu», a-t-il déclaré à La Presse Canadienne.

Avant son élection à la tête du Parti libéral du Canada, M. Trudeau avait laissé entendre qu'il ne ressusciterait pas le registre des armes d'épaule si sa formation était portée au pouvoir aux prochaines élections générales en 2015. Il a malgré tout reconnu la volonté des Québécois quant à la sauvegarde des données du registre fédéral actuel.

«Le Québec a toujours été très clair sur le fait qu'il appuyait le registre.»