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Le régime des rentes du Québec est en santé, selon son actuaire en chef

05/12/2013 06:22 EST | Actualisé 04/02/2014 05:12 EST

Sans offrir son rendement d'antan, le régime des rentes du Québec se porte bien financièrement en plus d'offrir de la stabilité aux Québécois, estime l'actuaire en chef de la Régie des rentes du Québec (RRQ).

En déposant son évaluation actuarielle, jeudi, Georges Langis a expliqué qu'il avait dressé cette conclusion en vertu d'« hypothèses raisonnables » à long terme.

Le rendement des épargnants au régime, actuellement d'un peu plus de 6 %, devrait fléchir légèrement jusqu'à 4 % au cours des prochaines années pour ensuite demeurer stable jusqu'en 2065.

Le taux de cotisation des quelque 4 millions d'épargnants ne devrait pas varier de façon significative dans un avenir rapproché. Ainsi, à moins d'imprévus majeurs, ce taux devrait être de 10,2 % cette année, 10,3 % en 2014 et de 10,8 % en 2017.

Toutefois, plusieurs risques reliés à « l'environnement économique, démographique et financier » guettent cette stabilité du régime des rentes.

Au cours des 45 prochaines années, le nombre de cotisants devrait grimper de quelque 600 000 personnes, pour atteindre 4,6 millions, mais celui des bénéficiaires devrait plus que doubler, pour se chiffrer à un peu plus de 3 millions en 2058.

Cette situation fera en sorte d'ajouter une pression supplémentaire aux cotisants puisque le nombre de prestataires ne cessera d'augmenter en raison du vieillissement de la population, qui s'accentue plus rapidement au Québec que dans le reste du Canada.

Actuellement à 2,6, le nombre de cotisants par retraité va ainsi graduellement reculer pour se chiffrer à 1,6 en 2048.

« Ce phénomène, on l'anticipe dans l'évaluation actuarielle », a prévenu M. Langis.

D'après ce dernier, ces statistiques ne se traduiront pas nécessairement par une hausse des cotisations des participants, notamment parce que le régime des rentes possédait, au 31 décembre 2012, une réserve estimée à 39,5 milliards de dollars à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

« Nous sommes capables d'avoir un rendement positif pour les générations futures, a dit M. Langis. Ça peut paraître inéquitable avec les taux d'antan, mais ce qui est intéressant, c'est le rendement positif qui demeure. »

« Le régime, il est là pour durer et il est sécuritaire », a-t-il ajouté.

L'actuaire en chef de la RRQ n'a pas semblé inquiet des effets que pourraient provoquer des fluctuations économiques sur le montant de cette réserve.

« Oui il va y avoir un trou s'il y a une mauvaise année, a-t-il reconnu. Toutefois, une bonne année va le remplir [e trou]. C'est sûr qu'il va y en avoir d'autres des crises financières, mais c'est toujours difficile de déterminer quand elles vont survenir. »

Quant à la possibilité de faire en sorte d'augmenter cette réserve de 39,5 milliards de dollars, M. Langis a prévenu que les cotisations des travailleurs québécois devraient inévitablement grimper.

Effectuée tous les trois ans, l'évaluation actuarielle du régime des rentes du Québec permet de suivre de près l'évolution financière du régime.

L'actuaire en chef a expliqué qu'à la lumière de la prochaine mise à jour, prévue en 2015, un mécanisme de rattrapage pourrait être enclenché en 2018 si des imprévus devaient venir modifier les prévisions de son équipe.

La Presse Canadienne

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