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Le polyamour: une alternative durable au couple traditionnel?

04/12/2013 10:27 EST | Actualisé 03/02/2014 05:12 EST
Cavan Images via Getty Images

Le Huffington Post Québec ouvre son espace à la diffusion d'articles d'étudiants universitaires en journalisme. Nous publions ici un texte d'Éric Santerre, sexologue et étudiant en journalisme à l'UQAM.

«Il y a d’autres options au couple traditionnel et il très possible d’aimer du même amour deux personnes à la fois», affirme Jean-François Villeneuve, polyamoureux et président de l’Association québécoise des polyamoureux. Le polyamour suscite énormément de curiosité et remet en question les fondements mêmes de nos valeurs traditionnelles.

Il peut effectivement y avoir un léger risque par rapport à la notion de couple, selon Jocelyne Robert, sexologue et auteure de nombreux ouvrages sur la sexualité humaine. «Le polyamour remet en question la notion de couple elle-même. Il peut s’agir en quelque sorte d’un mot plus beau pour légitimer l’infidélité.»

Cette nouvelle version du couple remet en question des notions et des valeurs bien ancrées dans notre société. La confrontation à un nouveau modèle de relation, qui laisserait la place à un retour en force de «l’amour libre», ébranle les croyances.

Pour Jean-François Villeneuve, le polyamour n’est en rien lié à l’infidélité, l’amour libre, le libertinage ou même l’échangisme puisque chacun, au sein du couple, connaît la situation. Il croit que le polyamour ne doit pas pour autant devenir une solution ou une échappatoire aux difficultés d’une relation traditionnelle. «Le couple traditionnel ne s’effacera jamais, affirme-t-il. Si ça fonctionne à deux alors il n’y a aucune raison d’ajouter une nouvelle personne. Au final, qu’on soit deux ou trois, les difficultés qu’on rencontre sont les mêmes.» Et en ce sens, Mme Robert est tout à fait d’accord et mentionne qu’«être en couple, c’est fatigant et ça peut être difficile, les problèmes ne disparaissent pas en étant plus de deux.»

Remise en question

En effet, tant du côté de l’Association québécoise des polyamoureux que de la sexologue Jocelyne Robert, les relations entre deux individus semblent être là pour rester et pour durer.

Les idées s’opposent néanmoins lorsqu’il est question de la légitimité et de la durabilité des couples polyamoureux. «Les relations, comme le polyamour, ne peuvent pas traverser le temps, estime Jocelyne Robert. Elles peuvent être épisodiques, mais au final, l’être humain a besoin de sécurité et même d’une certaine routine. L’intimité, la sexualité, se mettre à nu et être transparent devant l’autre, ce n’est pas facile, alors imaginez à 5!»

Quant à lui, Jean-François Villeneuve croit qu’au même titre que l’homosexualité, le polyamour n’est pas un choix et qu’après avoir essayé d’entrer dans un cadre pendant plusieurs années, il a finalement trouvé sa place dans ce mode de vie. Sa dynamique de couple est la même qu’un couple traditionnel. «Au Québec, on a la chance du "vivre et laissez vivre", souligne-t-il. Les jugements sont rares. Si vous êtes bien là-dedans, alors tant mieux.»

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