POLITIQUE

De nouvelles compressions dans les CPE ?

03/12/2013 09:09 EST | Actualisé 02/02/2014 05:12 EST
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La ministre de la Famille du Québec, Nicole Léger, annonçait mardi 300 places à 7 $ supplémentaires, avec la promesse d'en ajouter 15 000 d'ici 2016. Mais du côté des centres de la petite enfance (CPE), on a l'impression que le gouvernement prépare de nouvelles compressions.

C'est qu'une note interne du chantier sur le financement des services de garde indique qu'on cherche à faire des économies. La note, dont Radio-Canada a obtenu copie, indique qu'« à court terme, le chantier doit permettre des mesures concrètes afin de combler un manque à gagner récurrent de l'ordre de 40 millions. »

Ce chantier a été annoncé par la ministre Léger dans la foulée des compressions de 31 millions de dollars du printemps dernier. Les rencontres de travail ont débuté en octobre. La dernière aura lieu le 12 décembre.

La ministre nie en bloc tout projet de compressions

Nicole Léger nie avec vigueur que cette note signifie de quelque façon que ce soit que les compressions du printemps vont se reproduire. Elle affirme que la discussion est plus globale.

Les CPE m'avaient demandé de revoir le financement, dit-elle. Certains font des déficits, d'autres pas, avec les mêmes subventions, et c'est ce genre de disparités qu'on tente de comprendre. « J'étais ouverte, parce que je veux savoir si les associations ont des pistes de solution. »

Pourquoi une directive aussi claire a-t-elle pu être envoyée? « Pour faire travailler le réseau, dit-elle, faire travailler les deux associations ou susciter une réflexion. Il [Maurice Boisvert, ancien sous-ministre responsable du chantier] a peut-être écrit revenons sur un 40 millions, mais moi, je vous le dis, c'est moi la ministre de la Famille et moi je m'en vais dans le développement. »

Aucune marge pour des compressions

L'Association québécoise des centres de la petite enfance affirme que les budgets réels baissent depuis 2008. Ils n'ont pas suivi la hausse des salaires et l'inflation générale. On rejette toutes compressions calquées sur celles du printemps.

Le directeur général de l'AQCPE, Louis Sénécal, souligne que le chantier devait se pencher sur la gestion au sens large. « Il n'avait pas été discuté du fait qu'on reviendrait avec un montant de compressions équivalant à 2013 de manière récurrente. »

M. Sénécal répète que le gouvernement devrait s'attaquer au crédit d'impôt accordé aux parents qui envoient leurs enfants dans des garderies privées non subventionnées. « Ces établissements représentent une dépense fiscale de près d'un demi-milliard. Ils poussent comme des champignons à travers le Québec et personne n'a l'air de regarder comment ce réseau-là se développe », dit-il. Selon lui, c'est dans les CPE que les parents veulent des places pour leurs enfants.

Pas de hausse de tarifs pour l'instant

Le document indique que ce chantier doit analyser « les limites de la structure actuelle de financement des CPE ». Mais la ministre refuse de dire si cela pourrait conduire à une hausse du tarif de 7 $ par jour.

Nicole Léger refuse aussi d'exclure une hausse éventuelle. À la question : « Est-ce qu'il se pourrait que cela finisse par une hausse des tarifs à 8 $, la ministre a eu la réponse suivante : « Pour le moment, je n'ai aucune idée à savoir comment cela va finir. »

Est-il, oui ou non, impossible qu'il y ait une hausse des tarifs à 8 $? À l'heure actuelle, répond la ministre, « je développe le réseau avec 28 000 places et un guichet unique. Et j'attends les recommandations de ce chantier-là pour voir si on peut mieux faire les choses ».

Les tarifs des garderies subventionnées sont gelés à 7 $ depuis 10 ans.

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