POLITIQUE

Prix du livre: Québec veut limiter les rabais à 10 %

02/12/2013 11:47 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST
Tanya Constantine via Getty Images

Le gouvernement du Québec souhaite encadrer le prix des livres neufs pour soutenir les librairies en difficultés financières.

Le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, élaborera donc un projet de loi pour limiter à 10 % le rabais sur les nouveautés autant imprimées que numériques pendant neuf mois, a-t-il annoncé lundi lors d'une conférence de presse à Montréal.

« Le livre n'est pas une marchandise comme les autres. En encadrant le prix des livres neufs imprimés et numériques, cela permettra de consolider notre réseau de librairies qui garantit un accès diversifié aux livres et d'assurer des lieux de diffusion à nos auteurs québécois dans toutes les régions », a affirmé le ministre Kotto, qui y voit aussi une manière de « protéger l'identité et la culture québécoise ».

Selon le gouvernement, une telle réglementation sera autant bénéfique pour les lecteurs que les consommateurs « qui pourront continuer d'avoir accès à l'expertise des libraires et aux milliers de titres qu'ils offrent ».

Contrôle des prix pendant trois ans

Le projet de loi qui sera déposé au cours de la prochaine session parlementaire, soit après le temps des Fêtes, sera d'une durée de trois ans. Après cette période, le gouvernement voudrait évaluer les effets de la mesure afin de décider de la maintenir ou non.

À la fin de l'été, une commission parlementaire s'était penchée sur la pertinence de réglementer le prix des livres neufs.

Au Québec, le milieu du livre réclame depuis des années que les nouveautés soient vendues au même prix dans les petites librairies et les grandes surfaces. Des centaines d'écrivains, dont Michel Tremblay, Dany Laferrière, Yann Martel et Marie Laberge, y sont favorables pour la survie des librairies et pour maintenir une offre diversifiée.

Ceux qui s'opposent à l'intervention de l'État dans ce secteur craignent que les consommateurs ne fassent les frais d'une telle politique, sans freiner l'érosion des ventes de livres dans les librairies.

Le livre est la plus importante industrie culturelle au Québec. Elle emploie 12 000 personnes à travers la province. Ses ventes frôlent les 800 millions de dollars par année.

Une quinzaine de pays, dont la France, l'Allemagne, le Japon et le Mexique, ont déjà choisi de réglementer le prix du livre.