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Le poids d'une comparaison

02/12/2013 08:28 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST

Comparer un jeune joueur à Chris Pronger ne rendrait pas nécessairement service au dit joueur. Mais dans un marché moins enflammé que celui de Montréal, et avec un jeune homme qui a une tête sur les épaules, ce sont des choses qui peuvent se dire.

Un texte de Guillaume Lefrançois Twitter Courriel

C'est pourquoi les mots de Larry Robinson, prononcés il y a une dizaine de jours, ne semblent pas trop avoir ébranlé Éric Gélinas, un prometteur défenseur des Devils du New Jersey, adversaires du Canadien lundi soir à Montréal.

Rappelons les faits. Le 23 novembre dernier, les Devils visitent les Sharks à San José. Les journalistes du New Jersey en profitent alors pour renouer avec Larry Robinson, maintenant entraîneur associé chez les Sharks.

Familier avec Gélinas pour l'avoir côtoyé ces dernières années à Newark, Robinson a été élogieux. « On se disait au camp qu'il nous rappelait Chris Pronger dans sa façon de patiner et tout le reste », disait l'ancien défenseur du Canadien au Star-Ledger.

Pour Gélinas, cette comparaison était toutefois de l'histoire ancienne.

« À mon premier camp ici, Robinson me l'avait dit à moi directement, raconte Gélinas à Radio-Canada Sports, dans un entretien téléphonique la semaine dernière. Je lui faisais penser à Pronger dans ma façon de patiner. J'étais un peu surpris, mais ce sont des mots flatteurs, surtout venant de lui. »

Il est toujours bon de faire preuve de retenue lorsqu'il est question de comparer des espoirs à des joueurs bien établis. On l'a vu au dernier repêchage, quand le premier choix du Canadien, Michael McCarron, a fait cracher quelques cafés en comparant son style à celui de Milan Lucic.

Gélinas, lui, en prend et en laisse avec le parallèle tracé par Robinson.

« C'est évidemment que certains vont l'interpréter en pensant que je serai le prochain Pronger, soutient l'athlète natif de Vanier, en banlieue d'Ottawa. Mais chaque joueur est différent et unique. Oui, je peux lui ressembler sur certains aspects. Mais on n'est pas le même joueur. »

L'éclosion

Mais qui est-il, Éric Gélinas, pour s'attirer de tels éloges?

Choix de deuxième tour (54e au total) des Devils en 2009, il a mangé ses croûtes à Albany, dans la Ligue américaine, au cours des deux dernières saisons. Retranché au camp le 25 septembre, il a reçu l'appel des Devils le 23 octobre dernier. Des blessures aux vétérans Bryce Salvador et Anton Volchenkov (revenu au jeu vendredi) lui ont permis de disputer les 18 derniers matchs de son équipe.

Le numéro 22 a sauté sur l'occasion. En 18 sorties, il compte 10 points et joue régulièrement en avantage numérique, à hauteur de 2 min 30 s par match. Le gaillard de 1,93 m (6 pi 4 po) et 96 kg (210 lb) a également distribué 30 mises en échec, et ce, même s'il ne s'estime pas aussi robuste que Pronger.

« J'étais centre jusqu'à ma deuxième année bantam, j'ai toujours eu le flair offensif. Mais je ne veux pas être catégorisé strictement offensif. Je veux m'assurer d'être complet. »

S'il continue à jouer de cette façon, Gélinas forcera la direction des Devils à prendre des décisions déchirantes lorsque tous les arrières seront en santé.

« Je ne me préoccupe pas trop de ça, je veux simplement leur forcer la main. »

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