Malgré cette impression de vous endormir sous la douche, puis pendant votre petit déjeuner, vous êtes parvenus à arriver à l'heure au travail ce matin, comme tous les matins. Il faut penser à remercier votre horloge interne, essentielle pour toutes les tâches quotidiennes, car elle nous permet de détecter le temps qui passe.

Seulement voilà, selon une récente étude, publiée dans la revue Journal of Neuroscience, nous n'aurions pas une horloge interne mais bien deux. Pis, elles se feraient concurrence.

Jusqu'à présent, les chercheurs en neuroscience soutenaient que le traitement par le cerveau du temps qui passe n'était effectué que par un seul système. Cette étude, réalisée par des chercheurs de l'université de Californie à Irvine, suggère que le cerveau aurait en fait une deuxième horloge, qui ferait même concurrence à la première.

C'est grâce à des rats conditionnés au préalable que ces scientifiques ont pu mettre en évidence ces deux horloges distinctes.

Les rats ont appris à choisir une odeur particulière en fonction du temps qui s'écoule. Après X minutes, ils ont été conditionnés à se tourner vers une odeur X. Après Y On peut imaginer qu'ils se tournent vers une odeur x si 5 minutes se sont écoulées, et vers une odeur y lorsque ce sont 15 minutes, et ainsi de suite. Bien sûr, ces rats étaient récompensés par de petites friandises lorsqu'ils choisissaient la bonne odeur.

Le rôle de l'hippocampe

Avant les essais, les chercheurs ont injecté un produit chimique qui inactivait leur hippocampe, une zone du cerveau que tous les mammifères partagent. Pourquoi l'hippocampe? Il faut s'arrêter un instant sur son importance pour comprendre cette étude. Car, si cela fait déjà un moment que les scientifiques ont conscience de l'importance de l'hippocampe dans le souvenir des expériences passées, de récentes études ont montré qu'il pourrait bien jouer un rôle dans l'expérience du temps qui passe.

En enregistrant l'activité électrique du cerveau chez des animaux, on a constaté que les neurones de l'hippocampe signalent des moments particuliers dans le temps. Des individus avec un hippocampe endommagé pourraient se souvenir précisément du temps passé lors de courtes périodes, mais auraient beaucoup plus de mal avec de longues intervalles. Ceci laisse penser que l'hippocampe joue un rôle dans notre conscience du temps qui s'écoule.

Privés d'hippocampe

Mais revenons à nos moutons, et donc à nos rats. L’inhibition de leur hippocampe devait permettre aux chercheurs de prouver sa nécessité. Des rats dont l'hippocampe n'avait pas été inactivé étaient utilisés comme groupe de contrôle.

Les rats à hippocampe inactivé parvenaient à établir la différence entre des intervalles de temps suffisamment différentes (par exemple, entre 3 et 12 minutes) aussi bien que les autres, mais avaient beaucoup de mal dès lors que les périodes étaient semblables (8 ou 12 minutes par exemple). Ce qui est plus étrange, c'est qu'ils étaient meilleurs que les autres lorsque les périodes sont similaires à petite échelle (1 ou 1,5 minutes).

Pour les chercheurs, c'est le signe que l'hippocampe est important pour distinguer entre des intervalles de temps similaires, mais l'est bien moins (voire pas du tout) quand les intervalles sont très différentes. Même si cela n'est valable que pour de longues périodes.

On aurait donc deux systèmes neuraux distincts pour traiter différents types de temps. Le rythme circadien, le timing des mouvements du corps, ou encore ce sentiment de panique lorsqu'on est resté trop longtemps devant notre tasse de café le matin, seraient ainsi gérées par deux horloges. Avec, pour les intervalles assez longues, l'hippocampe en charge.


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  • Adopter des horaires de sommeil réguliers

    Éviter des heures de coucher et de lever trop variables facilite le sommeil. Se lever tous les jours à la même heure, week-end compris, a un effet synchroniseur du rythme veille-sommeil.

  • Se réveiller à son rythme

    Le réveil doit être dynamique pour bien éveiller son corps : lumière forte, exercices d'étirement, petit déjeuner complet.

  • Pratiquer un exercice physique en journée

    Éviter l'exercice physique en soirée, en particulier avant de dormir/ La pratique d'un exercice physique régulier dans la journée favorise l'endormissement.

  • Faire une courte sieste en début d'après-midi

    Il suffit de fermer les yeux 5 à 20 minutes en relâchant le corps. Le sommeil viendra rapidement si le besoin est là. La sieste permet de maintenir la vigilance pour le reste de la journée.

  • Éviter les excitants après 15h

    Café, thé, cola, vitamine C retardent l'endormissement et augmentent les réveils nocturnes.

  • Éviter l'alcool et le tabac le soir

    La nicotine est un stimulant qui retarde l'endormissement, augmente les réveils nocturnes et rend le sommeil plus léger. L'alcool a une action sédative mais favorise l'instabilité du sommeil avec des éveils nocturnes fréquents. De plus, l'alcool est un facteur aggravant des problèmes respiratoires nocturnes comme les apnées du sommeil ou les ronflements.

  • Éviter les somnifères

    Uniquement sur ordonnance

  • Faire un dîner léger, nécessaire, au moins 2 heures avant le coucher

    Privilégier les aliments à base de glucides lents (pommes de terre, riz, pain, pâtes), qui favorisent le sommeil car ils permettent une meilleure régulation des apports tout au long de la nuit. Les produits laitiers sont également conseillés le soir. Éviter les fritures et les graisses cuites. Ne pas manquer le repas du soir sous peine de risquer une fringale en seconde moitié de nuit.

  • Se ménager un environnement favorable au sommeil

    Maintenir une température dans la chambre aux alentours de 18°C et bien l'aérer. Faire l'obscurité dans la chambre, qui favorise le sommeil profond. La mélatonine est sécrétée dans l'obscurité. Prendre soin de sa literie et la changer régulièrement. Le lit doit être un espace exclusivement réservé au sommeil (à l'exception de l'activité sexuelle).

  • Favoriser les activités calmes et la relaxation en fin de journée

    Éviter un travail intellectuel juste avant le sommeil. La lumière vive, le travail ou les jeux sur ordinateur entraînent des difficultés d'endormissement. Au moins 30 minutes avant le sommeil, réserver une période de calme et de relaxation. Instaurer son propre rituel d'endormissement permet de glisser doucement vers le sommeil.

  • Se coucher dès les premiers signaux de sommeil

    Vous vous souvenez de l'histoire du marchand de sable? Bâilements, paupières lourdes, yeux qui piquent, clignements des yeux sont signes qu'il est temps d'aller dormir. Inutile de les anticiper, mais une fois ces signaux ressentis, il ne faut pas tarder à se coucher, sinon l'envie de dormir passe au bout d'une quinzaine de minutes et ne reviendra qu'au prochain cycle (toutes les 90 minutes).

  • Prendre le temps de s'endormir

    Si après 15 minutes, le sommeil ne vient pas et que sn attente est pénible, il est préférable de se lever et de pratiquer une activité calme. Le besoin de sommeil reviendra au prochain cycle.

  • Dans la mesure du possible...

    Identifier son besoin de sommeil et adapter son rythme de vie en conséquence